Les soins particuliers

Le picage

Des fois une poule c'est capable de faire des choses vraiment épouvantables.

Voir ces adorables boules de plumes, qui ont toutes un petit nom, qu'on caresse, qu'on chouchoute, se transformer en véritables bourreaux, flanque un coup au cœur.

Le picage fait partie de ces choses qui peuvent arriver. Il faut donc être vigilant et intervenir au plus vite.

Cà commence en arrachant quelques plumes, sans raison apparente, à la "copine", sous le ventre ou le croupion. (Déjà là, faire attention à ce que ce comportement soit exceptionnel, sinon isoler la piqueuse si elle est seule à faire ça, ou la victime dans le cas contraire).

Puis si une de ses plumes arrachées fait saigner sa propriétaire, ce sang peut attirer pas mal de convoitises et transformer les autres en vampires. Elles seront alors capables d'entamer plus en profondeur la pauvre bête, parfois capable elle aussi de s'entamer elle-même tellement c'est bon !!!! Si si.....

N'oublions pas que les poules sont omnivores et donc carnassières par la même occasion.... demandez aux petits rongeurs qui ont le malheur de traverser devant elles dans la journée !!!!

Donc urgence, quand la victime est blessée, pour son confort et sa sécurité, l'isoler sans trainer, la soigner en attendant qu'elle se refasse une santé et un plumage.

Mais pourquoi elles font çà ????

Souvent le picage est lié au manque d'espace, quand une poule est blessée par un prédateur ou un objet et qu'elle peut s'isoler loin du regard des autres, elle ne craint rien, elle se mettra toute seule à l'abri. Par contre quand çà arrive dans un lieu fermé, surpeuplé et petit, elle ne pourra pas se protéger.

L'autre raison, et pas des moindres, est l'alimentation qui peut-être déséquilibrée. Il y a des carences alimentaires que nos poules cherchent à combler comme elles peuvent. Donc revoir l'alimentation en apportant tout ce qu'il faut, dont protéines, herbe, ou compléments comme décrit plus haut dans les pâtées.

Ces comportements sont très rares en élevage familial.

Vos poules ont de la place, une alimentation saine, un parcours où elles peuvent régulièrement se promener, le respect de leur rythme biologique, une vie plutôt zen et votre attention régulière ? Il n'y a aucune raison pour que cela se produise !

Il n'y a pas longtemps, j'ai eu une poule très grièvement blessée que je n'ai repérée qu'en rentrant chez moi en fin de journée. Le midi tout allait bien et en fin d'après-midi plus du tout. Elle avait réussi à se trainer à la porte du poulailler, mais c'était la fin....

J'ai eu très peur que les autres ne l'agressent, connaissant justement cette capacité qu'elles peuvent avoir. J'ai trouvé les 4 autres à un peu plus d'un mètre d'elle, un peu inquiètes mais communiquant doucement entre elles, totalement immobiles (comme si elles avaient juste voulu être avec elle....??) n'entrant pas dans le poulailler, restant à distance de la blessée, pourtant elles auraient pu.

Quoi qu'il en soit, il n'y avait aucune trace d'un quelconque picage sur la victime, alors qu'elles auraient eu largement le temps de le faire avant que je rentre, si ce n'est la netteté de la blessure.

Et sincèrement je ne suis pas pressée de voir arriver çà chez moi !!!!


Jabot gonflé

Un souci qui arrive relativement fréquemment, malheureusement, surtout chez des poules en liberté qui ont le choix de manger ce qu'elles veulent.

Un jabot normal est toujours apparent le soir au coucher car elles ont mangé toute la journée, elles sont rassasiées et vont pouvoir profiter pleinement de leur nourriture et ses bienfaits pendant la nuit.
On le voit, et si on le touche un peu, il est dur et gros comme une balle de golf (environ) chez une poule adulte.
Le matin il est presque, ou totalement, invisible nos cocottes ayant digéré tranquillement pendant la nuit.

Fin de journée. Jacquotte a un joli jabot, bien plein, juste comme il faut.

S'il est  plus gonflé au matin c'est sans doute le signe qu'il est bouché ou que la poule est infectée par des "capillaires". Il faut surveiller la poule, et agir rapidement si elle n'a pas le même comportement qu'habituellement. Isolement, tête qui bouge sans arrêt comme pour essayer de faire passer quelque chose de coincé ou de régurgiter.

Jabot obstrué par un objet : Jabot gonflé et dur

Un peu goinfres et aussi parce qu'elles ne mâchent pas les aliments, les poules arrivent parfois à se boucher le jabot en avalant un objet, même naturel (herbes qui se mettent en boule, escargot entier, etc.).
Les aliments ne peuvent donc plus suivre leur trajet de digestion, les liquides non plus. Un jabot bouché doit toujours être traité très rapidement. La poule peut rapidement mourir étouffée. Les poules n'ont pas de réflexe de vomissement, les régurgitations peuvent les étouffer.
Sans compter le fait que les aliments ne passant plus et donc non assimilés par l'organisme, elle dépérit. Dans un cas comme dans l'autre la mort est inévitable.

Pour les obstructions, il est évident que la poule ne doit plus rien absorber de solide tant que son problème n'est pas résolu. Donc l'isoler du reste du groupe, lui donner à boire à la seringue en y mélangeant eau et huile d'olive (qui aide à faire glisser et tapisse les parois), et masser délicatement le jabot. Renouveler l'opération plusieurs fois dans la journée.
Si rien ne change d'ici le lendemain, on peut essayer de vider le jabot pour la faire vomir, en maintenant la tête de la poule en bas (main posée sur la base du cou) pour qu'elle ne s'étouffe pas, et en appuyant sur le jabot de l'autre main en le pétrissant un peu fortement (pas non plus sans contrôler sa force, on a un organe vivant sous la main !!!!!)
Je l'ai fait parfois et ça a marché.
Des sites spécialisés montrent des vidéos qui peuvent nous aider (faire vomir une poule/Jabot bouché d'une poule).

Si ça ne marche pas et que le jabot se regonfle, c'est que l'objet qui l'obstrue est encore là. La seule solution reste d'opérer.....donc aller en urgence chez un vétérinaire.
Pas question de faire ça soi-même sans formation !!! La pauvre bête......!!!!!

Opération du jabot de ma poule, Léontine, le 03 Janvier 2018:

L'article posté le 14/01/18 "la vilaine aventure du jabot bouché"  explique le repérage de ce problème, la décision à prendre et le premier jour d'intervention.  Ici je décris les soins post opératoires.

J'ai récupéré Léontine un peu "groggy" le 03 janvier au soir. Opérée le matin, avec une ouverture du jabot afin d'arriver à le vider, et des analyses pour vérifier si une infection pouvait être à l'origine de ce souci. Le jabot était bouché par un tas d'herbes qui s'étaient enroulées, avec au milieu des graines et autres aliments ingurgités pendant les derniers jours précédant l'intervention.

Je suis revenue avec mon emplumée (enfin moins qu'au départ...) des médicaments à donner ( cachets et piqûres ( voir plus bas/ vidéo)) et des consignes de soins.

1er jour. Soir de l'intervention.

Il fallait donc qu'elle reste à jeun 3 ou 4 jours.
Compte tenu du froid extérieur, je l'ai gardée au chaud à la maison, dans une cage de transport. De plus étant fraîchement opérée et donc vulnérable il fallait aussi l'isoler des autres poules, sachant que son jabot avait été totalement mis à nu, plumé, au sens propre du terme !!!

Donc pendant 3 jours Léontine n'a bu que de l'eau sucrée. Il fallait aider le jabot à reprendre doucement ses fonctions. Pour les poules l'eau est quotidiennement un besoin important, et boire a donc été facile pour elle. De plus elle est un peu gourmande, alors le goût sucré était un petit plaisir avec quelques calories en plus.

Le 4e jour je réamorce l'alimentation avec un tout petit peu de nourriture, du pain trempé, environ  1/2 cuillerée à café pour cette fois. Autant dire que mon affamée a englouti cette petite portion. Ca s'est bien passé. Tout a bien fonctionné. Pas de soucis de digestion.

jour 6 réalimentation

Du 5e au 8e jour j'augmente les rations mais toujours avec des aliments écrasés.

Le 8e jour, à la fin des traitements, Léontine est remise dehors, dans le petit poulailler annexe pour être encore protégée de ses copines, mais là, elle peuvent se voir, papoter (et oui des petits échanges ont lieu au travers du grillage), je continue à réamorcer l'alimentation vers des aliments plus solides, quelques graines, des morceaux de légumes moins écrasés, etc.
Je commence un traitement antifongique que j'administre directement dans le bec comme expliqué ci-dessous, Léontine ayant une petite infection.

Le 16e jour, les tubes des plumes du jabot commencent à bien pousser,même si ce dernier reste un peu enflé suite à l'intervention, il fonctionne bien. Je remets donc ma cocotte avec les autres, en surveillant la réintégration. Miracle tout se passe très bien. Léontine retrouve immédiatement sa place dans la hiérarchie, aucun problème de picage, je la trouve même depuis, un peu moins autoritaire avec les "petites jeunes".

Le 20e jour les plumes repoussent. Tout va pour le mieux. On continue le traitement jusqu'à un mois après l'intervention.  Le jabot fonctionne très bien et Léontine a repris sans problèmes sa petite vie de poule.

Léontine 20e jour. Les plumes repoussent.

Les soins l'ont obligée à être un peu plus docile, elle s'y est pliée sans difficultés (peut-être a-t-elle compris que tout ça était pour son bien...?). Du coup, je dirais que s'est crée entre nous un lien un peu privilégié. Autrefois très dure à approcher en dehors du soir, je peux aujourd'hui la caresser, elle est devenue familière.

A J31 elle va bien. Le jabot a dégonflé et remplit ses fonctions. Elle se remplume au propre comme au figuré.
Sur tous les plans, je ne regrette pas du tout ma décision !!

Capillariose du jabot : jabot gonflé et mou

Les insectes, vers de terre, escargots etc peuvent transmettre des vers capillaires (vers très fins, comme des cheveux). Quelques semaines après avoir été contaminée la poule va alors développer des symptômes : Abattue, prostrée, ayant du mal à s'alimenter, ayant des réflexes de vomissement sans y arriver....
Le jabot est gonflé et mou de la taille d'une orange environ, voire plus, comme s'il était rempli de liquide, ce qui est le cas, car ce qui y entre fermente, produit des gazs et ne peut être évacué.
Là aussi intervenir dès qu'on a repéré le problème.
J'ai dû faire vomir la poule, (odeur nauséabonde de ce qui a été évacué) comme décrit ci-dessus et ensuite je l'ai traitée avec un vermifuge spécialisé (ayant perdu des poules non sensibles à des méthodes plus douces, j'ai du me résoudre à traiter plus sévèrement). En l'occurrence j'ai utilisé du Capizol en respectant bien les doses ml/kg poids vif. Comme une seule poule était infectée, je l'ai traitée individuellement, à la seringue (produit + de l'eau), que je lui ai donnée au bec.
J'ai renouvelé l'opération une fois 8 jours après.  Tout est rentré ensuite dans l'ordre.
Surveiller les autres pendant cette période, en cas de contagion, traiter tout le monde. Selon le nombre de poules on peut traiter individuellement ou en mettant le produit dans un peu d'eau pour qu'elles le boivent entièrement, quitte à redonner de l'eau simple ensuite.
Par contre les œufs de la cocotte en question n'ont pas été consommés dans les 3/4 semaines suivantes. Idem pour toutes nos boules de plumes si on traite tout le monde.
Heureusement pour moi ses œufs sont reconnaissables à leur couleur, donc pas de soucis, sinon il faut l'isoler pendant cette période, (au moins jusqu'à ce qu'elle ait pondu), avant de la laisser pour le reste de la journée avec ses copines !
Traiter en préventif une fois minimum, à deux fois par an maximum, en vermifugeant les poules à un moment de l'année où les œufs se font plus rares puisqu'on ne va pas les manger autant en perdre le moins possible, fin d'hiver et début d'automne, peut s'avérer utile.


Donner un médicament individuellement

J'administre sa dose à chaque poule, directement dans le bec, ça me permet de contrôler la quantité réellement prise par chacune.
Mettre le médicament dans l'eau de boisson reste trop aléatoire je trouve, surtout pour des traitements qui doivent être donnés précisément. En tous cas, je peux me permettre ce genre d'intervention du fait de mon petit nombre de cocottes. J'entends bien que ce soit plus compliqué quand on en a beaucoup à traiter d'un coup.
Il arrive cependant qu'une seule poule doive être traitée et on doit donc pouvoir la soigner le plus tranquillement possible pour elle et pour nous.

Pour l'administration, bien évidemment respecter la posologie.

Ma Méthode :
Je prends ma poulette dans les bras jusqu'à une table, ou sur mes genoux, je la pose dessus ( en lui parlant calmement et en la rassurant) en l'entourant de mon bras gauche pour lui plaquer les ailes et avec ma main droite je lui ouvre le bec doucement. Je glisse mon index gauche à la commissure du bec pour le tenir ouvert, et doucement, en la laissant déglutir régulièrement pour qu'elle ne s’étouffe pas, à l'aide d'une seringue (sans aiguille je précise !!!) je lui verse le médicament le plus loin possible dans le bec, et caresse son cou pour l'obliger à avaler. Je rouvre le bec de cette manière après chaque déglutition.

Pour les cachets, je les fractionne en plusieurs morceaux, j'ouvre le bec de ma poule de la même façon, et je mets des morceaux de médicament au fond. J'attends qu'elle déglutisse entre chaque prise.
Une petite caresse "comme elle aime" pour la rassurer avant de la poser doucement sur le sol et la boule de plumes repart vaquer à ses occupations si c'est en journée, ou je la remets sur son perchoir si c'est le soir.
L'idéal, (sauf urgence) est d'intervenir au moment du coucher, quand les poules sont plus calmes et plus faciles à attraper.


Faire une piqûre intra-musculaire à une poule 

Pour soigner ma poule j'ai dû lui faire des piqûres quotidiennes. Léontine a accepté d'être filmée pour vous montrer !


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