Le quotidien des poules

Le bain

Indispensable au confort des poules le bain de terre (de sable ou de cendre ) permet de se débarrasser des parasites, lustrer et laver son plumage. Un vrai bonheur !

Quand vous déprimez et avez un doute sur l'existence du bonheur...regardez une poule se baigner!

Du trou qu'elles auront fait (et oui, nid de poule vient de là !!) émergeront des gloussements de contentement. On assistera alors à quelque chose de totalement improbable, un tas de plumes dont on ne sait pas trop ce qu'il représente. Des contorsions dignes d’artistes de cirque. Une patte par ci, une autre par là. Une tête extasiée qui sortira sous une aile, (pas évident !) yeux mi-clos de béatitude, et hop on replonge. Et que je me frotte, et que je me torde, et que je m'étire....

Ça peut durer un bon moment mais l'état de son plumage assure la survie de l'oiseau ! Et si en même temps ça fait du bien, pourquoi se priver ???
De tout çà sortira, au final, une poule ébouriffée qui se secouera bien, histoire de se défroisser parfois un peu marron/gris (surtout si elle est blanche au départ !) mais totalement délassée. Une poule heureuse !!!

Un peu comme nous après un massage.

Hammam collectif

 


 Intégrer les petites nouvelles

 

Dans un poulailler familial on est régulièrement amené à intégrer des nouvelles cocottes soit parce qu’on a encore de la place, soit pour remplacer celles qui sont parties, souvent tragiquement…
Différentes techniques peuvent être adoptées, en fonction de notre idée des choses, de la connaissance de nos poulettes et leurs caractères, de la place qu’elles ont pour vivre, du temps à y consacrer, etc., .

La prudence voudrait qu'on isole systématiquement les nouvelles, en quarantaine,  afin de limiter les risques de contagion qu'elles pourraient véhiculer, et en même temps habituer les anciennes à leur présence. Ça m'est arrivé de le faire quand j'ai eu un doute sur l’hygiène des nouvelles, mais c'est assez rare, je connais les éleveurs et j'ai vu l'état des poules dans leur milieu de vie. Avant de les prendre il faut regarder leur état général. Et bien les regarder aussi avant de les mettre au poulailler.
Quant au fait de les habituer les unes aux autres, n'ayant pas beaucoup de poules c'est assez facile et je peux voir rapidement les problèmes de comportement.

Pour ma part j’ai tendance à adopter une méthode plus souvent que les autres : l’introduction le soir avec surveillance le lendemain.

Les nouvelles sont dans leur carton, elles ne bougent pas vraiment, les autres les ont senties, à la nuit tombante je cale tout ce petit monde sur son perchoir, le meilleur moment pour intervenir sans stresser les cocottes dans un poulailler est en effet à la nuit tombante quand tout le monde est somnolent. Personnellement je caresse les anciennes, et ensuite les nouvelles en parlant à tout le monde. Ca met un peu d’odeur commune sur les nouvelles, et on fait connaissance.
A chacun de trouver la méthode qui lui va et va aussi aux poules.

Ma règle d’or est de ne jamais introduire une seule nouvelle dans le poulailler déjà constitué (quand elles arrivent toutes en même temps tout est différent). J’en mets au moins 2. Pourquoi ?
Parce qu’un poulailler est constitué d’un groupe à la hiérarchie très établie. Tous les nouveaux venus seront confrontés à la hiérarchie du bec.
Introduire 2 poulettes leur permet de se souder les coudes, ou plutôt les ailes, et de se sentir moins victimes. En plus les autres auront plus de boulot pour les courser et lâcheront prise plus facilement.
Donc sauf vraie exception, quand je perds des poules, j’attends qu’il y ait à nouveau de la place pour au moins 2 avant d’en reprendre.
Les poules vivent en groupe très hiérarchisé. S’il n’y a pas de coq, une poule dominante donnera le ton.
Quand la dominante disparaît, la sous-chef prend le relais !
Quand la dominante est "mal lunée", elle peut aussi donner un coup de bec à la sous-chef, qui à son tour, en colère, ira donner des coups de bec aux autres en dessous d’elle….. (une impression de déjà vécu ??? si oui….. petit conseil : imaginez celui ou celle qui vous vient en tête en « hollandaise à huppe », ça mettra de la couleur dans votre journée !!! hé hé hé).

Pour nos poulettes nouvelles venues, si le parcours est grand, elles pourront vaquer à leurs occupations, tranquillement, sans « déranger » les anciennes et tout le monde se toisera solennellement en se croisant, rien de plus.

La hiérarchie se joue surtout sur les perchoirs et dans la gamelle…

Les anciennes ont LEUR perchoir et ne s’y colle pas qui veut !!!!
Le rituel du coucher est fait de grognements, histoire de bien rappeler qui est qui, de battements d’ailes, les dominantes se couchent en premier.
Chez moi il s’avère que les anciennes ont pris un perchoir assez bas dès le départ, de fait les nouvelles se sont octroyé un perchoir plus haut et plus confortable à mes yeux, mais je n’ai pas la même notion de confort que mes emplumées semble-t-il.
Une fois que tout le monde dort, plus de hiérarchie, justement tout le monde dort on verra la suite demain !!!

Il faudra souvent régulièrement intervenir pour coucher soi-même les nouvelles poulettes au début, en effet elles auront tendance à se caler dans des petits coins tranquilles, et c’est au poulailler et perché qu’on dort ! Au bout de 3 ou 4 jours tout le monde se couche sans problèmes.

La gamelle elle, est sans appel. Les dominantes mangent en premier.
En cas d’essai pour les autres de venir chourer le petit bout de friandise qui fait de l’œil, (qui ne tente rien n’a rien…), la remise en place est sans équivoque. Coup de bec bien senti, voire course, et retour avec une plume de celle « qui a osé » dans le bec en signe de victoire !!!! Cà calme un peu…
De fait il faut être vigilant à ce que tout le monde mange correctement et donner différents points de nourriture et de boisson.

la gamelle

Il faut aussi vérifier qu’il n’y ait pas de picage entre vos cocottes (une poule sert de martyre aux autres) mais c’est très rare dans les petits élevages où justement il y a de la place, la liberté donc moins de stress, et l’attention du soigneur.

J’ai aussi remarqué que la « petite nouvelle » jusqu’à il y a peu, ayant survécu à l’attaque récente de l’ignoble « Croquetout » est devenue très proche des anciennes, elles aussi survivantes. Plus vraiment de hiérarchie dans les semaines qui ont suivi, la dominante du poulailler ayant disparu dans l’attaque.
L’arrivée des dernières petites nouvelles a remis le groupe dans sa fonction, et la victime d’il y a quelques mois est devenue un petit chefaillon pour les nouvelles !!!!! Et oui, elle a pris de la crête !!!
Là aussi, toute ressemblance…etc. 😉

Après moult expériences, j’ai constaté que tout ça dure environ 15 jours/3 semaines, ensuite tout redevient paisible chacun ayant compris, et accepté les autres, anciennes comme nouvelles. Quelques coups de becs viennent parfois rappeler les choses mais çà reste, somme toute, raisonnable.

 


"Espèces de poules mouillées !!!!"

Mes poules mouillées

Les poules craignent vraiment l'humidité et on le sait. Il est donc toujours étonnant, au début d'un élevage, de les voir sortir quand il pleut. Si la pluie persiste et qu'elle n'est pas violente, elle ne les empêchera pas de faire leur balade, tranquillement.

Leur plumage est un bon isolant et sa surface imperméable (grâce à leur glande uropygienne (voir La poule), un nom bien pompeux pour désigner une glande située à la base du dos, au dessus de la queue, qui ressemble à un gros bouton, heureusement cachée...)
Une pluie fine ne le pénètre donc pas. Ce n'est pas le cas d'un violent orage, mais dans ce cas là on les voit courir à la recherche d'un abri. Pas folles les cocottes !!!!

La pluie a le mérite de rendre la terre plus meuble, et du coup plus facile à gratter. Les vers de terre sortent aussi quand il pleut, et de délicieux escargots qui ne se doutent pas de ce qui les attend pointent le bout de leurs cornes. Donc la pluie, si elle ne dure pas des semaines, ben c'est plutôt pas mal.

L'humidité par contre, engendre des pathologies, aide les bactéries à se développer. Eviter donc les parcours qui restent boueux en dehors des jours de pluie, ça leur pose à la longue des problèmes aux pattes, et est vecteur de maladies (gale des pattes, blessures, etc.). Celles qui ont beaucoup de plumes comme les Brahmas par exemple, seront encore plus sensibles à tout ca.

Pour qu'elles puissent avoir un abri sain où se réfugier et sécher sans problèmes, le poulailler doit être sans aucune humidité (murs sains, toit étanche, nids propres et secs, sol entretenu).

Les cocottes aiment la liberté et la pluie ne les empêche pas d'en profiter.

Le soir, en rentrant au poulailler, elles ressemblent un peu à des serpillières, mais serrées les unes contre les autres pendant la nuit, elles sèchent très bien et leur brushing est impeccable au petit matin.

 


Sur un air de fugue 

              ♪♪♫

Aller voir derrière le mur est très tentant pour Nougatine, jeune Brahma. 2017

 

Toujours à la recherche de nouvelles explorations, nos charmantes bêtes à plumes auront tôt ou tard l'idée de voir ce qui se passe en dehors de leur enclos, et l'envie se fera d'autant plus pressante que celui-ci sera petit.
Un jour ou l'autre on y a tous droit !
Les techniques de fugue des poules sont bien rodées. Ça va de creuser sous la clôture, de passer par un trou qu'on n'avait pas vu dans le grillage, de s'envoler en prenant appui sur un support qu'on n'aurait jamais imaginé comme tel mais qui les surélève assez pour se laisser tenter, ou filer vite fait par la porte que vous venez d'entrouvrir : elles ne sont pas à court d'idées.

Il faut alors partir à la recherche du trou par lequel elles sont passées, et vite le reboucher ! Dans le meilleur des cas il est facilement repérable, mais on peut aussi y passer un bon moment. Trouver leur point d'envol n'est pas toujours évident non plus.
Les suivre pour les prendre en flagrant délit reste parfois la seule solution pour comprendre...et bon courage dans vos aventures de Sherlock Holmes !

Si les poules ne sont pas spécialistes des vols légers et gracieux, leurs ailes les aident bien assez pour prendre de la vitesse en cas de danger ou pour s'envoler juste pour atteindre un endroit qui leur fait de l’œil.
Plus une race est petite et légère plus elle aura cette capacité, ce qui n'empêche pas les races lourdes de se payer parfois un petit extra !
Dans l'ensemble mes minis-dindons ne franchissent pas des obstacles très hauts, mais de point d'appui en point d'appui....c'est vite fait. Et, ce que l'une réussit, pourquoi les copines ne le tenteraient pas ? C'est tellement rigolo de partir en balade entre "filles" !
Par contre retrouver le chemin du retour avec les mêmes appuis n'est pas gagné d'avance, et là, panique au moment du coucher avec un seul mot d'ordre pour les évadées : trouver un abri sûr pour la nuit, donc se planquer !!!
Belle balade avec les lampes de poche en perspective...

Il faut, là-aussi revoir le poulailler régulièrement, vérifier les clôtures, en adapter le maillage si ce n'est encore fait (les grillages à mouton par exemple ne servent strictement à rien avec des poules qui les franchiront sans état d'âme en passant à travers, et je ne parle même pas des poussins,  idem pour les prédateurs d'ailleurs).
Et puis  il faut parfois couper les plumes des ailes (une ou les 2 en fonction de l’efficacité) des cocottes fugueuses, ce qui est totalement indolore et déséquilibre la chipie dans son envol.(Attention à ne pas couper l'aile...!!!!!!!!! tenir le membre pour le repérer et être sûr de ne pas couper les plumes trop court).

J'ai eu quelques rebelles qui ont tenté leur chance, comme la fois que j'explique plus bas.
Il y en aura surement d'autres mais malheureusement quand elles le font c'est surtout pour se mettre en danger, voitures, prédateurs, chiens, etc. c'est pourquoi quand une fugueuse est repérée je règle le problème au plus vite. L'envie de fuguer passe souvent avec le temps, j'ai plus souvent eu ce problème en  début d'arrivée. Comme les plumes repoussent aucune trace donc dans le temps, de cette petite coupe.

Philomène en balade

Printemps 2016 . 1er printemps de mes cocottes dans mon nouveau "chez moi". Joli soleil, il fait même chaud, ça sent bon l'herbe coupée.
J'ai un petit rendez-vous "papotage et tasse de thé" dans l'après-midi avec une amie, tout va bien. Allez zou, j'y vais.
Je passe rapidement par le jardin récupérer quelque chose avant de partir, et là.......je vois un oiseau très gros en train de manger les salades du voisin.
Le temps de réaliser, mon sang ne fait qu'un tour, le gros oiseau : c'est Philomène !!!!!!

Hein ? mais qu'est-ce qu'elle fait là ????!!!! Mais elle est passée par où ???
Ah pis là, pas possible de la laisser faire, en plus, sur l'ensemble du jardin du voisin elle a choisi les jolies petites salades fraîchement repiquées, bien vertes et toutes tendres....et au rythme où elle va, il y a urgence !
Pfffff, bon allez pas le choix.
Je mets mes godillots "spécial terre".

J'essaie de voir par où elle a fugué, un petit trou dans la clôture commune ! Et en plus elle est contorsionniste !
Je le bouche.
Puis je fais le tour de la maison et vais la chercher en longeant la route départementale car je n'ai pas d'autre accès.
Bien évidemment elle n'est pas d'accord, et court dans les rangées de semis....!!!! "oualala elle va tout abîmer", moi qui ne voulait pas être trop "repérée" dans ma séance de chasse au gibier à plumes, c'est pas gagné.

Je l'appelle gentiment mais elle n'est pas dupe. Entre rentrer dans mes bras et manger des petites pousses bien tendres en voyant du pays, elle a choisi.
Très bien ! Je repars chez moi chercher un grand bâton qui pourra m'aider à lui barrer le chemin et retourne vers l'effrontée qui, bien sûr, court de partout quand elle me voit.
Je pense que les semis du petit papy, cette année seront moins droits...
Le bâton me permet de finalement la coincer, je l’attrape et furieuse je rentre chez moi rapporter le mini-dindon qui ne moufte plus.
Au passage je re-longe la départementale avec ma poule sous le bras, où certains automobilistes ont dû penser que pour une balade c'était plus original qu'un chien...

Je remets le volatile à sa place, vite fait elle se prend un coup de bec, elle est sortie sans ma permission, et sans celle de ses copines on dirait !
Bien évidemment je suis pleine de terre. Je règle le problème et je file : "C'est pas cette harpie qui gâchera mon après-midi".

Le lendemain soir, je rentre du travail et d'autres voisins me signalent qu'une de mes poules était sur leur terrasse, sur le bord de route, et qu'ils l'ont remise dans mon enclos. Le portrait robot de la délinquante correspond bien à Philomène....
"elle était là, couchée au soleil, pas stressée, elle regardait la route, mais heureusement qu'on l'a vue !" "avec les voitures, ben dis !".
Après d'innombrables excuses et dans ma tête le "comment elle a fait ????, le trou est bouché !!" je rentre chez moi et retrouve tout mon petit monde dans son enclos, avec une Philomène qui n'a l'air de rien. Ah ça, pour pas être stressée la Philomène, elle est pas stressée !!! Par contre, moi si !

Le soir je fais une descente dans le poulailler et je coupe les plumes d'une des ailes du volatile (lien vidéo). Etant déséquilibrée elle ne pourra pas voler plus haut que son perchoir. Technique efficace et indolore qui a fait ses preuves et que j'ai déjà pratiquée sur d'autres emplumées en leur temps.
Le lendemain je la piste, je la vois qui regarde les branches basses du pommier comme pour sauter dessus. Ah voilà !!! LE pommier !!! Bien sûr !!!
Ni une ni deux, je grillage les branches basses. Avec son aile bancale elle ne pourra plus grimper sur les autres.

Retour du travail le lendemain soir.... c'est le week-end, chouette !!!
Le long du chemin qui mène à la maison, je m'arrête pour regarder mes fleurs et au milieu des asters, je vois un tas d’œufs avec Philomène posée royalement dessus !!! Comme elle est repérée, elle file en courant et hurlant pour essayer de regrimper sur le pommier dans le sens du retour, mais impossible avec le muret qui s'interpose. On dirait un albatros, elle essaie de voler mais rien, pouf elle retombe. Dans l'autre sens elle a encore pu réussir mais pas dans celui-là.

œufs dans les asters !

Re-poule sous le bras je rentre chez moi. Pommier grillagé sur TOUT le tronc dans la foulée. A la nuit tombée, 2e aile coupée façon "Mireille Matthieu" pour plus de sécurité.
Plus de fugue depuis !

Mais j'avoue que, si j'ai été un peu tentée par des recettes de poule au pot sous le coup de l'agacement, quelque chose en moi s'en veut de lui avoir enlevé un peu de cette liberté. Et puis, Philomène est une gentille rebelle.  Et moi j'aime bien les gentils rebels !  🙂

 


 

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