Petit poussin deviendra grand !

Petit poussin deviendra grand !

Mon poussin va avoir 5 semaines

Mon aventure avec ma boule de plumes continue. (Pour connaitre son histoire, voir articles précédents)

 

mon poussin ♥

Cette expérience amène chaque jour des découvertes, des connaissances, des enrichissements. Et comme tout le monde dans une première tentative, je tâtonne, j’ajuste, je m’adapte.
Je n’avais pas du tout prévu d’être maman poule “en vrai” mais dans un élevage familial, comme ailleurs, on peut aussi être confronté à toutes les farces de la vie.
Comme justement c’est un petit élevage familial, je n’ai pas de couveuse électrique et tout se passe “sous les poules”, avec les comportements associés.

Les 2 premières  semaines de mon poussin se sont passées avec des températures extérieures assez fraîches et de la pluie en continu.

Je rappelle que je vis en moyenne montagne et la pluie change radicalement les températures !

Mon Piou étant à l’intérieur, dans sa grande corbeille à linge transformée en nurserie, il n’a pas vraiment senti grand-chose, mais j’ai du vraiment adapter régulièrement les réglages de température, celles de dehors oscillant sans cesse et influant sur l’intérieur, même si nous ne sommes pas en hiver .

L’essentiel a donc été de garantir son confort.

Côté installation :

Improvisation d’une nurserie dans une de mes grandes corbeilles à linge,  le 1er carton étant vite devenu trop petit, et sa lampe chauffante branchée en continu.
Son doudou (une écharpe en polaire) dans lequel il a pu se blottir comme sous les ailes d’une maman poule, boisson dans un petit récipient (attention aux noyades de poussins !!!) et des copeaux de bois (ils tiennent plus chaud et évitent que ce tout petit poussin ait du mal à bouger dedans) très régulièrement changés pour éviter les maladies.

J’ai mis un grillage sur la corbeille pour garantir sa sécurité, les chats de la maison étant très curieux de ce moineau venu leur rendre “si gentiment” visite….
Plus tard le grillage a bloqué son envol hors de la corbeille, pour les mêmes raisons.

Pour les températures il y a plusieurs écoles, on voit souvent une recommandation à 35° (j’ai vu plus..jusqu’à 38° et sur des sites très sérieux) avec une baisse de 3 degrés par semaine. On m’a conseillé 32° j’ai opté pour 32/33 la première semaine. En mettant un carton sur une partie de sa corbeille je lui permets de se mettre plus à l’ombre s’il le souhaite.

Ma lampe n’étant pas réglable par thermostat, il fallait ajuster régulièrement sa hauteur pour concentrer ou non sa puissance de chauffe.

Il faut observer !! Si les poussins évoluent de partout c’est que la température est bonne, s’ils sont groupés (ou posé quand il n’y en a qu’un), sans cesse sous la lampe c’est qu’ils ont froid, et s’ils sont tout le temps éloignés du lieu de chauffe c’est qu’il fait trop chaud. 32/33 degrés lui ont convenu. J’ai baissé chaque semaine comme il se doit.
A partir de 4 semaines,  au vu des températures extérieures, le chauffage n’a plus vraiment eu lieu d’être, même si je le laisse accessible en cas de mauvais temps et chute de température nocturne qui pourrait suivre.

Maintenant,à 5 semaines,  il est de plus en plus emplumé, le chauffage ne sert plus.

Il est seul….
J’ai cherché autour de moi si des poussins du même âge pouvaient être disponibles pour en récupérer 1 ou 2 afin qu’ils soient ensemble. Je sais que les poules sont des animaux supportant très difficilement la solitude et un poussin dans un petit élevage a au moins sa mère pour compagnie. Le mien étant vraiment seul ça me semblait une bonne idée de lui associer une fratrie.
Malheureusement les seules “connaissances de connaissances” qui auraient pu peut-être me dépanner ont à la fois perdu leurs poussins (soit morts dans l’œuf, soit à la naissance), ainsi que la mère morte quelques jours après. Je ne les connais pas personnellement et je n’en sais pas plus…mais au final je trouve que mon expérience est plutôt positive, la mère allant très bien et un poussin étant en vie !!!

Sur les conseils avisés de “ma fournisseuse d’œufs” j’ai rajouté un miroir dans la corbeille, sentant qu’il s’ennuyait vraiment. Dès la mise en place il s’est apaisé ; ils étaient deux !
Il a donc beaucoup parlé à ce congénère et s’endort encore régulièrement contre cette image.

Si le miroir est une aide pour les poussins solitaires, il est à éviter sans nul doute pour les adultes qui voient là un nouveau membre du poulailler à qui montrer quelle est la hiérarchie.
Les attaques du miroir amèneront donc un stress et des blessures inutiles.
Si la poule est seule, (je rappelle que ce sont des animaux grégaires), lui fournir une copine sera la meilleure solution. 

Pour l’alimentation je suis passée aux “grains poussins 1er âge” dès que son bec a pu les avaler. J’ai maintenu les pâtées plusieurs fois dans la journée, les grains étant un complément dans un premier temps et un apprentissage. Comme vu dans le précédent article, les poussins agissent aussi par mimétisme, de fait je lui ai montré comment se nourrir à son 1er repas.

Concernant les grains, pour ma part je n’achète pas de “semoulette”. Je n’y tiens pas, beaucoup de choses étant introduites dedans, tout comme pour la majorité des granulés adultes.
Ici, c’est grains variés de céréales diverses, vendues concassées en fonction de leur taille.
Quant à la boisson, les tous premiers jours j’ai aidé avec une seringue en déposant une goutte devant son bec, sur mon doigt. Ensuite il a bu seul, la preuve étant le niveau de son petit abreuvoir baissant en dehors de l’évaporation liée à la lampe.

A 2 semaines le grain est venu de façon plus régulière avec un peu de terre ou de sable pour les petits graviers indispensables à la digestion (s’il avait été dehors il aurait trouvé ces choses sur son parcours, mais je rappelle qu’il ne sortait pas encore, vu les pluies diluviennes) et je donnais encore les pâtées 3 fois par jour car elles apportaient des compléments nutritifs importants à ce poussin en pleine croissance.

Aujourd’hui les grains sont disponibles à volonté et la pâtée est proposée 2 fois par jour, matin et soir.
Tout est encore écrasé à la fourchette, plus ou moins grossièrement au fur et à mesure qu’il grandit. La recette miracle n’existe pas, chacun a la sienne, mais j’essaie d’être au plus près des besoins de base.

c’est bien bon !

Ma recette de pâtée, de base :

Protéines avec un jaune d’œuf cuit dur ou un peu de thon en boite, sardines en boite, ou petits morceaux de fromage
Coquille de l’œuf réduite en presque poudre pour le calcium
Pomme de terre cuite écrasée ou semoule cuite, ou riz cuit écrasé
Un peu de levure de bière pour les vitamines et minéraux
Un peu d’orties séchées ou salade hachée tant qu’il ne sortait pas

liste non exhaustive ! Des petits plus en fonction des jours. 

Pour la boisson il se débrouille, je ne le vois pas forcément boire mais il n’est pas déshydraté donc il gère. L’eau est vérifiée et changée quotidiennement, récipient lavé.

  • Je donne 1 goutte d’EPP (extrait de pépins de pamplemousse) par jour pour les propriétés  que ca apporte, vitamines, renfort des défenses naturelles, etc.

J’ai commencé les sorties depuis un peu plus de deux semaines, quand la pluie a enfin cessé et la température remonté.
Il était, au début,  dans une petite mue posée sur le sol dans un espace sécurisé. Le premier jour a été  une grande nouveauté pour lui et les pattes dans l’herbe une surprise. Au bout de 10 mn il y en avait assez et il est retourné avec plaisir dans sa corbeille. Chaque jour les séjours sont augmentés.
Les anciennes ont commencé à venir observer ce petit nouveau, l’œil curieux ou courroucé pour certaines. En tous cas Pantoufle fait de longs séjours devant la cage peut-être enfin heureux d’avoir trouvé plus petit que lui ???

Pantoufle découvre mon “piou” qui sort pour la 1ere fois

Pour l’habituer aux différents contacts sous les pattes,  j’ai changé la litière de sa nurserie en mélangeant d’abord copeaux et foin, pour la transition, puis maintenant foin car c’est ce qu’il aura plus tard au poulailler.
Pour diverses raisons je préfère le foin à la paille ou aux copeaux, là aussi chacun aura sa façon de voir, les arguments se valent sans doute.

Ca a été positif car les séjours suivants dans l’herbe ont été moins angoissants.
Au 5e jour il a pu rester 2 h dehors dans son petit enclos, et seul.
Seul…..c’est à dire sans moi, car dès que je ne suis plus dans son champ de vision,  dans des situations nouvelles, on l’entend piailler comme si on l’égorgeait !
Aujourd’hui il est dans la grande mue, donc toujours sécurisé, où il passe ses journées dans l’herbe, à vivre ses débuts de cocotte au petit poulailler. Le soir, tant que les plumes ne sont pas complètement là, il réintègre sa corbeille pour un repos bienvenu après des journées à arpenter, à gratter, à découvrir.

On s’oriente vers un plumage coucou dans les tons gris foncé, gris clair et bleu. Les plumes aux pattes sont majestueuses.

Patafix vu de dos. 4 semaines. C’est quelque chose !!!

 

Et oui….je suis “sa maman”.

Il le voit comme ça. Son repère, sa protection….

Comme il est toujours collé à moi, j’ai décidé de le nommer “Patafix” je rajouterai un “e” si c’est une fille.
Comme cette pâte éponyme, il colle mais est repositionnable à volonté !!!

Je le pose parfois au sol pour qu’il marche dans la maison mais pas en continu, j’ai trop peur qu’il se blesse ou que par accident ce soit moi qui le blesse…. donc quand je le fais je suis très vigilante.
De plus l’organisation demandée est extrême entre les 2 matous qui aujourd’hui feignent l’indifférence, (j’ai bien dit feignent…) et les chiens de la famille qui viennent régulièrement en garde chez moi en cette saison de vacances, et pas forcément habitués à un contact quotidien avec des poules.

Une émotion, une étrange impression
Régulièrement je fais du lien avec cette petite boule de duvet. interactions indispensables pour lui, éducation, câlins…plaisir de l’un et aussi plaisir de l’autre.
Je prends des moments rien que pour lui, pour nous.
Il me fait rire, m’apprend beaucoup.
Il y a quelque chose de magique dans cette petite vie que j’aide à grandir. Le sentir, si léger, si petit, si fragile et pourtant si costaud, a quelque chose d’émouvant. Je découvre ses besoins, ses instincts, ses petites exigences aussi. Je m’adapte et je réagis en fonction. Ne pas céder à tout, le protéger en le menant à son autonomie auprès des autres cocottes du petit poulailler, qu’il soit heureux.
Et ne pas m’empêcher de l’aimer. Si toutes mes cocottes ont un quelque chose qui m’attendrit, m’amuse, ou parfois m’exaspère, qui fait leur différence et les rend attachantes, lui sera particulier je le sais.

moments de câlins avec Patafix 2 semaines.

Coq ou poule, je ne sais pas encore ce qu’il est, il faut un peu de temps pour ca (même si j’ai un petit doute aujourd’hui). Et si les dés sont déjà jetés je croise quand même les doigts pour qu’il soit une cocotte. On verra !!!

Je ne regrette rien dans cette expérience, je suis heureuse d’avoir eu ce réflexe de sauvetage. Je me sens en harmonie avec ma place humaine dans la nature, celle qui fait de nous ce que nous oublions souvent : un animal parmi les autres et rien de plus. C’est ce “rien de plus” qui c’est sacrément bon quand on s’en souvient.
Ce petit machin tout duveteux me met en lien avec mes racines profondes. 

 

 

Une nouvelle expérience !!!! (Et si on couvait ? 2e partie)

Une nouvelle expérience !!!!  (Et si on couvait ? 2e partie)

Et encore une fois la nature a décidé les choses !

Le matin du 3 juin je suis descendue voir où en étaient les naissances. Quelle joie et émotion, je sais, de découvrir des pioupious sous les ailes maternelles.

En arrivant devant Pacotille toujours couchée sur ses œufs, une fraction de secondes j’ai trouvé que quelque chose clochait dans le décor. Le temps de comprendre que c’était le corps d’un poussin fraîchement tué à côté d’elle.

Que s’était-il passé ??? Elle semblait calme sur ses œufs restants et les autres poules ne pouvaient pas atteindre le nid sécurisé. Non….elle n’y était pour rien….? Angoisse, et un peu de stupéfaction car je n’ai jamais vécu ca toutes ces années avec mes différents poulaillers. Les mères dont certaines plus ou moins attentives à leurs poussins n’ont jamais été agressives.

Je soulève Pacotille pour voir ce qu’il en est. L’œuf avec le trou hier soir n’a pas bougé, l’ouverture est à peine plus grosse. Je l’agrandis donc un peu avec une pince à épiler, pour voir si le poussin est toujours en vie, ce qui est le cas,  et je le repose. Pacotille se recale dessus. Non…pas possible…..elle n’y est pour rien…..
Au moment où il recommence à piailler dans sa coquille je vois ma poule se ruer dessus et de toutes ses forces essayer d’exploser la coquille….pour le tuer. Coups de bec frénétiques sur cette coquille à peine percée.
Je ne sais pas pourquoi, mais y a t’il une vraie explication ? Il en va des animaux comme des humains avec ce qu’on appelle à tort ou à raison “l’instinct” maternel. Tout le monde n’est pas livré avec.

Ni une ni deux, je la sors de là en criant autant l’une que l’autre, récupère les œufs restants pour les sauver de sa fureur et retourne à la maison avec mon nid. L’œuf percé émet des braillements.

Là 2 choix s’offrent à moi :

1 – Faire comme si de rien n’était laisser faire la nature et donc mourir ce poussin dans l’œuf, ce qui serait pratique vu que la mère ne sera pas dans son histoire.
2 – Donner une chance à cette vie.
A chacun sa façon de voir et gérer les choses…. Je décide d’aider le poussin à naître en agrandissant vraiment le trou de la coquille.
Les autres œufs eux ne donneront rien, le développement s’est arrête avant le terme.

le petit dans son œuf

J’enlève donc délicatement la coquille, qui part en morceaux, sur une surface vaguement inférieure à la moitié. Il reste la membrane encore bien collée au poussin qui bouge un peu derrière. Il est fatigué mais en vie. Avec un coton imbibé d’eau tiède je décolle millimètre par millimètre la membrane pour éviter les saignements.

Arrivée à ce stade je vois une patte arrière qui sort de l’œuf, il va naître.
Je le repose alors dans son nid, couvert d’une bouillotte en attendant de trouver un carton propre dans l’urgence.

A moitié sorti de l’œuf, il se repose. Le plus dur est fait.

Mon pioupiou rescapé se repose en séchant. Quant à moi, je panique un peu et me demande dans quoi je suis encore allée me fourrer….
Et pour parfaire la matinée, dans un quart d’heure j’attaque mon télétravail. Heureusement d’ailleurs car si j’avais dû m’absenter ca aurait été vraiment “galère” n’ayant pas encore de lampe chauffante. Bon ce soir acheter une lampe !

En attendant je vais refaire des bouillottes toutes les 2 heures jusqu’au soir, le tout en étant présente aussi pour répondre aux demandes du boulot. Chouette !!!!

Je la voyais pas comme ca moi cette couvaison !!!!
Une nouvelle expérience dans mes aventures “poulesques “.
Mais ainsi va la vie, on ne maîtrise pas tous les paramètres dans le vivant. Et quand on a des animaux on doit s’attendre à des surprises ! 2020 sera vraiment particulière…

En fin de journée je file acheter ma lampe et je prépare le futur nid de ma boule de duvet. Je le place dans la salle de bains, seule pièce qui peut se fermer hermétiquement et c’est important quand on a des chats !!! Oui mes 2 matous écoutent les piaillements avec une curiosité teintée de gourmandise. Il va falloir être très vigilante.
Il me faut aussi quelques heures pour régler la bonne distance entre la lampe et le nid pour atteindre la température idéale de 35/36° pour certains conseils, 32° pour d’autres dont je vais rapidement me rapprocher en réglant à 33°, un bon compromis.

Le soir, le poussin toujours dans son carton provisoire, piaille bien. ça n’arrête pas. Je le prends sur moi régulièrement ça le calme un peu mais sans plus.
Je me lance alors dans une fabrication de pâtée, çà j’ai l’habitude et prépare un mélange à base de jaune d’œuf, de semoule cuite et j’humidifie.
Je l’enrichirai d’autres ingrédients plus tard.
Pour avoir vu les mères poules donner l’exemple aux petits qui agissent par mimétisme, je montre moi aussi comment manger..et ça marche ! Mon piou intègre la leçon !!!

 

Le repas achevé le “bout d’affaire” est calmé, et lui comme moi allons dormir, chacun dans son nid.
Quelle journée !!!

J’avoue que le lendemain matin j’avais une appréhension en ouvrant la porte de la salle de bain. Avait-il survécu ? Chaque jour qui passe est une victoire et là il n’y a même pas encore un jour. Soulagement quand je vois mon poussin bien en forme dans son nid.
Pendant que je me prépare pour aller physiquement au travail cette fois, il se réveille, piaille, raconte des tonnes de choses ♪♫♪

Je prends un moment pour aller voir les grandes et m’occuper de lui avant de partir pour la journée. Angoisse encore au retour en me demandant s’il aura aussi survécu à cette journée, seul. Mais mon poussin a envie de vivre et je le retrouve en forme encore une fois.
Petits repas et câlins pour la socialisation nous font nous rencontrer chaque jour un peu plus.
J’ai été clairement identifiée comme sa “maman” poule. Il passe du temps avec moi et sur moi !!!

Beaucoup de repos aussi pour ce petit qui en a bien besoin. Et là majoritairement je tiens à ce que ce soit sous sa lampe et tranquille.

il dort, dans son nid, sous la lampe au chaud, et s’est glissé          dans une écharpe, comme sous les ailes d’une maman poule.

 

Sa curiosité le pousse maintenant, (déjà !), à explorer les environs proches de moi quand je m’installe avec lui, bureau, canapé etc. et il est rapide l’animal !!!!!
D’ailleurs il m’a aidé à écrire cet article le concernant en contrôlant que je ne disais pas de bêtises !!!

contrôle des écrits !

 

 

Et si on couvait ??

Et si on couvait ??

Ce n’est pas une découverte, quand nos cocottes décident de couver, question obstination elles sont reines.

Le printemps c’est la saison la plus propice pour la reproduction. Certaines ont donc décidé de faire durer le printemps plus longtemps, en commençant en Février, comme ce fut le cas de Pacotille, puis quand enfin elle a quitté son nid et ses œufs en plastique, Pomponnette a pris la relève, et pour finir, quand Pomponnette est revenue à une vie normale, hop, Pacotille a remis le couvert. Un jeu de chaises musicales en somme.

Entre temps les humains se débattaient avec une bestiole microscopique qui avait réussi à mettre le monde au ralenti.
L’humain de mes cocottes, donc moi, était alors en pleines réflexions métaphysiques. Le confinement eut finalement raison de mon  hésitation à recommencer une histoire de poussins.

La décision a donc été prise de faire plaisir à la fois à Pacotille et à moi.

Comme on ne change pas une équipe qui gagne j’ai commandé à nouveau chez “ma fournisseuse” habituelle d’œufs fécondés (voir article la surprise d’Eulalie).
J’adore allez sur ce site et choisir mes nouveaux petits emplumés. Ca reste un vœu pieux, car dans l’absolu rien de garantit une réussite à 100% de ce qu’on va mettre à couver.
Et rien à voir avec le fait de commander des œufs, leur voyage, etc. car la même chose arrive avec des œufs pondus sur place.
Non, c’est juste la nature qui nous rappelle que nous ne maîtrisons pas tout. Parfois ses rappels sont plus sévères que d’autres, et quoi qu’il en soit, elle reste décideuse de l’essentiel.
J’ai donc commandé mes 4 œufs, reçus 5 jours après  (week-end inclus, confinement aussi..et poste en pointillés) ce qui de fait, est plutôt rapide.
Le mercredi après-midi j’ai reçu mon joli carton plein de promesses.
Tout était encore une fois parfait. Un emballage précautionneux, et petite cerise sur le gâteau, 2 petits œufs en cadeau.

les œufs bien emballés

Ouvrir ce carton a été comme la première fois, un vrai bonheur. On déballe, on s’attarde, on découvre, puis on regarde, on admire ces petits symboles de plaisir à venir.

 

Cette fois je n’ai pas choisi de races pures comme les Brahmas ou autres, mais des croisements spécifiques à l’éleveuse, très jolis et sensés donner des cocot(te)s gentil(lle)s.
J’avoue que j’espère surtout avoir des cocottes plutôt que des coqs, mais dans ce jeu on ne connait pas la mise d’avance.
J’ai opté pour 3 œufs de croisements entre Brahma et Orpington, des bestioles à plumes toutes rondes et tranquilles, dont la principale qualité reste la gentillesse en dehors de leur aspect boules de plumes et une ponte correcte.
1 œuf issu aussi d’un croisement avec une poule huppée, et le cadeau a été 2 œufs de poules naines.

Comme la première fois je les ai laissé se reposer un peu, et se réchauffer (il fait frais en ce moment) avant de les mettre sous Pacotille qui les a accueillis avec plaisir.
En se remettant en place dans le nid, elle les a bien tous ramenés sous son ventre, satisfaite de ce paquet d’œufs “rien que pour elle”.
Le réchauffement ( à température ambiante, ou sous une bouillotte tiède pour aller plus vite)est surtout un confort pour la poule dont la température en couvaison est élevée et qui se retrouverait sur des œufs froids, sensation plutôt désagréable, si elle peut être évitée c’est aussi bien .

Et c’est parti pour 21 jours, temps nécessaire à la formation des poussins.

Ci-joint un document passionnant sur le développement du poussin dans l’œuf pendant ces 21 jours. Merci à son auteur (Poultry Hub Australia).

Nous sommes le soir du mercredi 13 Mai.

Comme il est intéressant de vérifier une ou deux fois le développement normal des œufs, je fais donc 2 mirages, un à 7 jours et l’autre à 14.
Les œufs non fécondés ou morts peuvent ainsi être jetés plutôt que de risquer de s’abîmer et infecter aussi parfois les autres. Et pas la peine non plus de laisser espérer autant à la poule qu’à nous-mêmes des naissances qui ne viendraient pas.

Un mirage à Jour 7 :
Tout le monde est en route.
6 œufs fécondés sur 6.

Mirage d’un des œufs. La partie sombre est  occupée par le fœtus. La poche d’air grossit.

A 14 jours : je note un retard de développement sur les 2 petits œufs et j’ai des doutes sur un des gros… à suivre.

Dernière semaine : Pacotille est isolée quelques jours avant la naissance,  c’était prévu mais en plus, sa place a été prise “tranquillement” un beau matin par Escampette qui à son tour a des envies de maternité.
Faire sortir  cette dernière du nid n’a pas été chose simple et c’est le bec en biais qu’elle est allée sur un autre.

J’ai aménagé un coin tranquille à l’extérieur mais toujours dans la partie sécurisée du petit poulailler pour Pacotille et ses petits. Pas la peine de tenter le diable en laissant tout le monde se promener en liberté dans le terrain, entre prédateurs qui tournent et autres poulettes pas toujours tendres, on va laisser la petite famille à l’abri quelques temps, avec des accès sécurisés et surveillés à la verdure.

A jour 21 : Pacotille parle à ses œufs depuis hier ….sans doute des coups qui se font sentir au travers des coquilles et la voix maternelle se veut peut-être aidante.
Le combat de la naissance n’est pas facile à gagner pour ces poussins qui doivent fournir des efforts considérables pour voir le jour.

N’y tenant plus je descends voir où “on” en est avant la nuit… les petits, encore dans les œufs,  piaillent sous la mère qui leur répond, deux d’entre eux commencent à être percés. La nuit va être agitée pour Pacotille, et un peu pour moi aussi qui, comme la dernière fois, ai une pensée très forte  pour ces petits et le travail qu’ils font pour naître.
Exactement 21 jours ce soir que j’ai mis les œufs sous ma poulette. Le timing est parfait.

On est le 2 Juin au soir.

Pacotille en couvaison. 05/20

 

INFORMATION

Bonjour !

Beaucoup parmi les nouveaux abonnés n’avaient pas validé le lien de confirmation qui leur avait été adressé au moment de leur demande.

Par conséquent ils n’ont pas été informés des nouveaux articles parus, depuis, sur le site, via l’email automatiquement envoyé dans ce cas.

Je vous informe donc par ce document qu’un nouvel article est paru ce jour lien :

Un coq peut en cacher un autre

D’autres articles antérieurs sont aussi consultables sur le site.

Pour les autres abonnés qui ont bien reçu le mail d’information tout  l’heure, merci de ne pas tenir compte de ce message !!

Bonne lecture à tous ! 😊

Jolies Plumes Et Crêtes au Vent

 

Un coq peut en cacher un autre !!!

Un coq peut en cacher un autre !!!

 

En Octobre dernier je suis allée chercher mes trois nouvelles petites protégées, comme je l’ai écrit dans l’article sur le sujet (les dernières ptites nouvelles).

Je suis donc revenue avec mes  3 cocottes, “Pomponnette” poule soie fauve, “Pimpitou” poule d’élevage type Rhode Island , et  Pantoufle petite poulette Sabelpoot porcelaine citronnée.

Pantoufle Octobre 2019

L’hiver, plutôt doux, est passé. Tout le monde a trouvé sa place dans le petit poulailler.
Malheureusement après Nuage et Dentelle, ce fut le tour de ma douce Eulalie de mourir, me laissant bien triste. Elle n’était “plus pareille” depuis les chaleurs harassantes de l’été. Ce qui revient à constater que la canicule fait des dégâts sur le moment, certes, mais aussi en décalé car elle fragilise les organismes et ceux plus fatigués que d’autres, lâchent un peu plus tard. Il y a donc des pertes qui ne sont pas toujours quantifiables immédiatement “après”.

Le petit poulailler a donc continué sa route avec la nouvelle génération.

Pacotille, ma Marans, véritable “reine mère” tant dans le comportement, que la fonction. Elle a donc pris la place de chef.
Ah…… Pacotille….. ben c’est Pacotille quoi !!!! Je l’aime bien ma “ronchon”.

Pacotille/Escampette 03/2020

En dessous, on a le duo Escampette/Minute. Puis Pimpitou qui est arrivée à se faire une place dans cette équipe, s’y retrouvant plus par la taille sans doute, qu’avec les petites poulettes Pomponnette et Pantoufle.
Soudées, ces deux dernières arpentent le terrain en n’étant jamais bien loin l’une de l’autre.

Les pontes ont commencé pour Pimpitou et Pomponnette vers début Janvier. Pantoufle ne semblait pas pressée, mais comme ici la rentabilité n’est pas une priorité, je ne me suis pas vraiment inquiétée. En plus un peu sauvageonne par rapport aux autres, je la laissais tranquille.

Puis, un soir de fin Janvier, me questionnant quand même sur cette petite poulette, je me suis réellement penchée sur son cas. Et là………en écartant les plumes arrières………. elles étaient là, citronnées, bien pointues, prêtes à sortir vraiment du plumage pour commencer leur parure…… des lancettes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ah, ben elle est pas prête de pondre ma cocotte !!!! Les lancettes, signe s’il en est un, que nous avons un coq devant nous.

Après avoir intérieurement maudit mon “fournisseur” qui me fait le coup pour la 2e fois (va falloir qu’on cause😏), j’ai décidé de rester patiente et que “je verrais bien”.

En effet, ceux qui suivent nos aventures se souviennent que l’expérience “Pollen” avait été un peu compliquée pour moi face à son agressivité territoriale, mais aussi pour mes cocottes, habituées à une certaine tranquillité que ce beau séducteur mettait terriblement à mal.
La sérénité était revenue dans les semaines qui avaient suivi son départ et les prostrations de certaines avaient disparu.

C’était donc acté : plus de coq ici.

Mais hop, voilà que ce mini–coq “de rien du tout” déboule, en tenue de camouflage, ni vu ni connu, et on recommence !

Entente tacite, donc, entre lui et moi, les yeux dans les yeux, et  mon bonnet face à sa crête : ” C’est sûr qu’au niveau de la taille tu n’as rien à voir avec le précédent, mais fais gaffe, je te garde SI tu es sympa, ok ????” . “Tu as les cartes en pattes et je t’ai à l’œil”.  Bon…. le message était clair.

J’ai donc observé.
Plutôt tranquille et débonnaire, toujours en balade avec sa copine, le petit pépère  s’est doucement transformé en un joli coq de son espèce et continue (il y a encore quelques fioritures “plumesques” à mettre).

                                                                                                   Pantoufle 04/20

La période où Pomponnette a eu des envies de maternité, couvant avec acharnement (les poules soie sont des spécialistes du genre), a été un peu compliquée pour lui, il était plus solitaire et passait parfois du temps au poulailler avec elle. Puis quand tout est rentré dans l’ordre, ils ont repris leurs balades en duo, tranquillement, comme c’est le cas aujourd’hui.

Donc on va dire que pour l’instant Monsieur Pantoufle est en train de s’installer dans la vie du petit poulailler !!!! 😊

Pantoufle 05/20

Les dernières “ptites” nouvelles

Les dernières “ptites” nouvelles

L’automne a été dur au petit poulailler….

En fait ce n’est pas l’automne, mais le contrecoup de la canicule de cet été qui a bien fragilisé les cocottes. Elles l’ont supportée tant bien que mal, j’ai tout fait pour qu’elles souffrent le moins possible de ces chaleurs. Cependant la fatigue accumulée n’a pas été facile à gérer pour certaines.

Comme chaque automne il y a des “basiques” à ne pas oublier. J’ai donc vermifugé et ajouté des vitamines pour supporter le changement de saison, donné des pâtées magiques pour faire face aux mues (que j’ai trouvé moins importantes curieusement), et ca en a requinqué la plupart.

Malgré tout j’ai vu partir Nuage et Dentelle. L’une est morte d’un coup, je pense à une attaque cardiaque, l’autre s’est éteinte en quelques  jours et je n’ai pas pu la sauver.

Le changement de saison annonçant la grisaille à venir s’est donc fait sentir aussi au niveau du moral. Une lassitude m’a effleurée mais j’aime trop ce que m’apportent mes poulettes pour arrêter. C’est un trop grand plaisir pour moi de les avoir….alors “on continue” !

Je suis donc allée le mois dernier chercher 3 autres cocottes. Enfin trois…..je dirais 2 et demi !!!

Pour la première fois je me laisse tenter par une race très petite : j’ai pris une petite Sabelpoot porcelaine. Grosse comme une tourterelle dont elle est même, de loin, ressemblante.  Pattes emplumées comme une Brahma, elle est baptisée tout naturellement “Pantoufle”.
En fait c’est une petite cocotte très fière qui a déjà son caractère. Je l’habitue au contact  sachant que cette race est assez proche de l’humain.

Pantoufle Octobre 2019

Je trouve aussi une petite “Poule Soie” fauve (appelée “Nègre Soie” jusqu’en 2009 en raison de la couleur de sa peau et de celle de son ossature). J’en ai eu des blanches il y a très longtemps. Ah ça me change de mes doudounes Brahmas !! Les plumes de la Poule  Soie sont plutôt un duvet soyeux, et les oreillons turquoise la rendent coquette. Pomponnette sera son nom ici.
Elle et sa copine Sabelpoot sont inséparables, et comme à chaque intégration, un clan se forme.

Pomponnette Octobre 2019

S’y rajoute une copine plus commune, rousse pondeuse, “Rhode Island” une gentille cocotte qui me suit partout, et dont les bons œufs nous régaleront plus tard. La dernière que j’ai eue de cette couleur s’appelait Pimpi, ce sera donc “Pimpi 2” ce qui en anglais auvergnat donne “Pimpitou” 😊.
Ces trois-là finissent de donner un côté “Dalton” au petit poulailler où on va vraiment du plus petit au plus grand.

Le trio des 3 P

Compte tenu de la différence de taille j’ai choisi de les intégrer en grillageant une partie intérieure du poulailler. Les anciennes pouvaient donc les voir et s’y habituer, idem pour les nouvelles. Le 4e jour le grillage a été enlevé et tout le monde cohabitait sans soucis. Ca n’empêche pas les coups de becs de la hiérarchie mais rien de violent, juste un rappel “maison” du règlement intérieur !

Le petit poulailler continue sa route, entre départs et arrivées. Chaque cocotte qui l’a occupé reste au fond de ma mémoire et pour certaines c’est au fond de mon cœur qu’elles se sont perchées. Il y a trop de bonheur à les voir vivre et leur “donner”.

Eulalie prend Pomponnette sous son aile et fait une belle couette bien chaude pour la nuit !

Cette bestiole à plumes est pleine de surprises, d’autant plus qu’on nous a rabâché à longueur de temps sa stupidité. En fait il n’est pas question de stupidité, elles sont loin de l’être, mais je pense plutôt à de la lâcheté : celle de l’humain qui préfère considérer dans un geste de déculpabilisation dédaigneuse que ce qu’il mange est idiot…?

 

 

Chaud devant !!!!

Chaud devant !!!!

Les températures atteignent des records, d’aucun diront qu’en été c’est normal qu’il fasse chaud, en effet, mais il y a chaud…..et très chaud. Si on considère la température ici, on va dire qu’on peut passer de -15° un jour d’ hiver à actuellement 38° dans ma montagne donc 53° d’amplitude thermique….sachant qu’il y a 15 jours je faisais encore des petites flambées le soir pour réchauffer la maison.
Tout ça demande quand même un “petit” effort aux organismes végétaux, animaux et humains.

Dans le petit poulailler donc, c’est comme partout : compliqué.

Il y a de l’ombre sur le poulailler, mais bien moins qu’avant car la neige lourde de fin Octobre a beaucoup endommagé l’arbre situé juste au dessus. Heureusement  le terrain est arboré, moins qu’avant lui aussi et pour les mêmes raisons, mais mes poulettes peuvent se protéger. Et puis tout au fond il y a “leur coin” le gros buis bien touffu et les sureaux. Pour celles qui ont le courage de s’y rendre c’est repos, “au frais”.

Ensuite certaines races supportent plus mal la chaleur que d’autres, les Brahmas en font partie. Bien évidemment ces grosses doudounes duveteuses paient là le fait d’être……….. des grosses doudounes duveteuses justement. Et si pour elles, l’hiver c’est assez sympa, d’ailleurs elles pondent en hiver, l’été c’est “oulalala pffffff”.
Et puis, les poules tolèrent globalement mieux le froid que la chaleur.
On les voit ventiler, le bec ouvert car c’est leur seul moyen de réguler leur température vu qu’elles ne transpirent pas.
Les ailes écartées pour capter le moindre brin d’air. En fait, leur manière d’avoir chaud ressemble à un calvaire si on se fie à ce qu’on voit. Et finalement on n’est pas loin du compte. La chaleur est un vecteur de stress pour beaucoup d’animaux, nous inclus 😉.
En plus les poules étant fragiles au niveau cardiaque (voir page à ce sujet) la chaleur les rend encore plus vulnérables.

Pour réguler sa température, Eulalie entrouvre son bec et ventile.

La résistance s’organise  !

Mon réflexe : ce que j’adopte comme protection pour moi, je l’adopte et l’adapte pour mes animaux.

Boire :

Les poules boivent toujours beaucoup mais là on n’a pas le droit à l’erreur. Eau fraîche et autant que possible, à minima le matin et le soir.
Eviter de laisser l’eau stagner plusieurs jours, surtout par ces chaleurs les bactéries y prolifèrent. Il vaut mieux en mettre moins mais plus régulièrement.
J’ai donc mis des abreuvoirs sur le parcours dans tous les coins stratégiques : sous le buis, dans le poulailler, dans le terrain, etc.
On n’est pas obligés d’acheter en quantité des abreuvoirs “dernier cri”: des récipients divers font l’affaire.

Manger :

  • Je ressors mes pâtées “magiques” version été. Je distribue le soir “à la fraîche”.
    Du pain trempé dans beaucoup d’eau, voire détrempé, des protéines  (restes de fromages, oeufs durs…quelques vers de farine),  légumes (feuilles de salades et légumes et fruits gorgés d’eau) et vitamines une fois par semaine pour requinquer un peu les organismes fatigués.
  • La journée il y a leurs grains à volonté.
  • Pour ma part, je ne donne rien de glacé pour éviter les chocs thermiques à mes cocottes.

De l’ombre : 

  • Indispensable pour survivre par un temps pareil !!!! Arbres, auvents et/ou abris naturellement ventilés, parasols, etc.)

Fraîcheur : 

  • J’arrose une petite partie du sol herbeux plusieurs fois dans la journée (là encore à minima le matin,  et le soir au moment du repas). Pas besoin d’arroser de longues minutes mais un coup de jet de temps en temps dans la journée, sur quelques mètres carrés, permet de maintenir un lieu “un peu plus frais” qui aura aussi l’avantage de mouiller un peu les pattes de nos minis dindons.
  • J’ai mis un bac plat pour qu’elles puissent se mouiller si elles le souhaitent, mais la poule n’est pas un canard donc ce bac n’est pas très sollicité dans ce sens, sauf par moi quand je dois en rafraîchir une en particulier. Je la pose alors dans le bac, en la tenant et la caressant pour éviter le stress, je mouille bien les pattes, et vite fait, je passe une main mouillée sur le ventre et sur la tête.
  • J’arrose le sol extérieur du poulailler (l’intérieur doit toujours être sec) et un petit coup de jet sur le toit pendant que j’y suis. Là pareil, pas besoin d’utiliser des tonnes d’eau, des coups de jet vite fait et c’est bon.
  • J’ai ouvert l’accès à une partie de ma cave, pièce très fraîche de la maison, et leurs bons réflexes les y ont amenées directement. Elles y passent l’essentiel de la journée en cette période caniculaire. Un point d’eau y a donc été aussi installé.
  • Petite précision apportée par Françoise, une “amie poulesque” pour aider une poule couveuse en ces périodes difficiles, et sachant qu’en plus la température d’une poule qui couve monte naturellement, une idée judicieuse est de placer dans le nid une bouteille d’eau gelée ou de packs pour glacière.  Ça aide à faire baisser la température de la poule dans le  nid. Du coup j’ai vérifié et ça marche vraiment bien !!!
    Je profite de cela pour vous conseiller d’aller vous balader sur son blog animalmoncompagnon.com, c’est rempli de jolis textes qu’elle écrit  sur les animaux en général et on y apprend aussi beaucoup de choses !
    Pendant que j’y suis, le blog œuf-poules-poussin.com donne aussi beaucoup de conseils précieux (vous vous rappelez ? c’est là que j’ai trouvé les œufs d’Eulalie !!! ). Les passionnés de boules de plumes sont nombreux et c’est toujours un vrai bonheur d’en rencontrer et d’échanger avec eux.

Certains ont mis des ventilateurs, moi pas.
D’abord je n’en ai pas, même pour moi. Ensuite les techniques ci-dessus sont  à  ce jour efficaces ici.
La canicule reste ponctuelle même si elle se renouvelle plusieurs fois. Le reste du temps c’est plus une “normalité” d’été.

 

C’est aussi l’occasion de méditer sur les matériaux utilisés lors de la construction du poulailler… Je n’ose pas imaginer la chaleur sous des toitures en tôle, posées directement sans aucun isolant.
Et un poulailler très bas dont le toit ne s’ouvre pas, ou très fin comme sont parfois ceux du commerce, sera par définition car il contient moins d’air, moins bien ventilé : la chaleur monte. De plus elle les traverse sans aucun souci, tout en restant bien coincée à l’intérieur. On se trouvera d’ailleurs avec les mêmes problématiques en hiver “version grand froid”.

 

Si l’une de mes cocottes  semble souffrir de façon plus grave de cette chaleur extrême ou montre des signes de malaise, la logique s’impose : l’isoler au frais, voire à la maison, l’hydrater en la mouillant un peu (pas avec de l’eau glacée à cause des chocs thermiques encore une fois).  Il faut faire baisser la température.
Lui donner à boire, doucement,  à l’aide d’une seringue si elle ne boit pas seule.
Normalement elle doit être en bien meilleure forme au bout de quelques heures.

 

C’est donc un moment où il faut vraiment les observer régulièrement pour noter toute modification comportementale.
Je reste vigilante sur toutes, et Eulalie en particulier, qui blessée lors du gros épisode de grêle d’il y a 2 semaines, a du mal à marcher. Elle allait mieux mais force est de constater que la chaleur la fatigue à nouveau pour se déplacer.
Elle fait partie de celles qui ont eu le réflexe “cave” et c’est très bien.

En fait un peu d’observation comme d’habitude, pour être réactif en cas de soucis, et surtout du bon sens, comme nous le faisons pour nous et ceux que nous aimons, ………….. et les cocottes devraient  passer cet épisode caniculaire sans trop avoir à y laisser de plumes !!!

Un précieux cadeau

Un précieux cadeau

De l’habitude à la banalisation :

Quand tout ou presque  est à portée de mains, faire ses courses est banal, acheter des aliments l’est aussi. Une salade ? On ramènera la salade. Des pâtes ? On ramènera les pâtes. Des œufs ? Les œufs seront aussi du voyage et tout ça quelle que soit la saison.

Les questions quant à la fabrication de tous ces aliments ne nous viennent pas, ou peu à l’esprit. Il a fallu des scandales sanitaires et/ou liés aux conditions d’élevage et d’abattage des animaux voués à la production pour qu’une conscience apparaisse, à peine à l’état d’ébauche pour beaucoup encore.
Acheter du vivant, (animal ou végétal) ne nous questionne pas plus sur sa fabrication et sa disponibilité en grande quantité que d’acheter de la lessive.

Visites de fermes  autrefois normalité  et devenues aujourd’hui pédagogiques, salon de l’agriculture et autres lieux pouvant montrer aux petits comme aux grands que l’aliment est issu d’un travail humain ou animal, et quoi qu’il en soit de la nature, sont devenus vecteurs d’apprentissages.
Les poissons ne sont pas carrés, le pain ne cuit pas sous un papier, les fruits et  légumes ne poussent pas en une journée ni en toutes saisons, le lait est fabriqué par des vaches qui ont dû vêler pour ça sinon pas de lait, les œufs ne se trouvent pas par boite de 30 sans qu’il y ait des explications à cela et pas forcément réjouissantes.

Ces banalisations du quotidien nous ont amenés à penser que tous ces produits sont exempts des cycles naturels.
Pourtant, seul l’humain en a décidé ainsi.

Etre juste un peu plus en lien avec la nature, l’observer et si on a la chance de le faire : produire soi-même une partie de son alimentation, obligent à constater que si on laisse la nature suivre son cours, et bien elle prend vraiment son temps en respectant des rythmes saisonniers et biologiques.
Ainsi nos cocottes pondront un certain temps puis elles arrêteront. Ainsi va la vie.

L’hiver aussi, la ponte baisse fortement, voire s’arrête selon l’âge des poules, les races, etc.
C’est complètement normal et il est normal de le respecter. Parfois, lors d’une visite au poulailler on trouvera un œuf qu’on n’attendait pas et qui, pour le coup, sera encore plus apprécié qu’aux autres saisons.
La ponte dépendant essentiellement de la durée de luminosité (au moins 10h par jour) qui est très courte en hiver, cette saison sera celle où nos cocottes se reposeront, ce qui tombe plutôt bien car leur organisme est déjà sollicité pour lutter contre le froid.
L’énergie mise dans la fabrication d’un œuf est très bien expliquée dans la vidéo de ce lien. Tout y est, fabrication de l’œuf, cycles, etc.

Comme déjà expliqué dans le chapitre l’hiver, il conviendra pour les aider à passer ce cap de faire 2 ou 3 petites choses pour nos poulettes. Le printemps revenu elles reprendront leur rythme de ponte.

Mais si pondre est naturel pour nos boules de plumes,  cet acte n’est pas sans danger pour elles.

Elles risquent quotidiennement leur vie en le faisant. 

Un œuf mal formé, mou, trop gros, des problèmes de coquilles, sont autant de dangers au moment de la ponte.

En avoir conscience rend ce trésor quotidien encore plus précieux.

Le plus impressionnant est sans doute le prolapsus cloacal. Tout peut aller très vite.
En pondant le cloaque expulse l’œuf puis revient immédiatement à sa place. Dans le cas d’un prolapsus, il reste sorti.
Si on le voit à temps, il est parfois possible de le rentrer en s’y prenant avec délicatesse, Mais il semble qu’il reste une fragilité pour la poule concernée. Nombre d’articles sur le sujet expliquent ce qu’il “faut” faire dans ce cas. A ce jour je n’ai jamais pratiqué cette manipulation et ne peux donc commenter.
Par contre j’ai vu une poule avec les intestins sortis tant le prolapsus était important.  j’éviterai de décrire la vision d’horreur en trouvant cette pauvre malheureuse, la culpabilité de n’avoir pas été là face à sa souffrance, et inutile aussi de dire que l’issue est fatale. Son dernier œuf était cependant dans le nid…

La ponte interne est aussi un vrai problème :

Elle est souvent liée  à un œuf trop gros qui ne peut être expulsé (parfois aussi à cause de tumeurs ou infection de l’oviducte). S’en suivront un arrêt de ponte, une prostration et des écoulements nauséabonds du cloaque. Pour se débarrasser de cet œuf, la poule va forcer et mourra d’épuisement si ce n’est d’hémorragie interne. Certains interviennent manuellement pour aider l’oiseau, qui souffre énormément, à sortir cet œuf, il suffit de chercher des vidéos le montrant, (“œuf coincé poule”) pour trouver certains gestes pouvant être aidants. Quoiqu’il en soit, il faudra donner un traitement ciblé à la poule pour éviter les infections liées à cet œuf “coincé”.

L’œuf mou, en dehors de son aspect très curieux,  peut arriver assez fréquemment en tout début de ponte le système reproducteur de nos cocottes n’étant pas complètement mature. Si cela se produit chez une poule adulte, c’est le signe d’un manque de minéraux (calcium surtout). Comme il n’a pas de coquille lisse il est difficilement expulsé, parfois sur 2 jours et la poule peut en mourir : épuisement, crise cardiaque…

L’œuf avec coquille abîmée  peut, quant à lui, provoquer des éraflures à son passage et donc des saignements avec risques d’infection, même une hémorragie.

Les œufs déformés peuvent eux, être liés à trop de calcium ou alors à une poule âgée qui pond de moins en moins et leur ponte n’est pas toujours facile en fonction de la déformation.

L’œuf n’est donc pas si anodin qu’il en a l’air !!!

Cela dit, certaines de ces difficultés sont peu fréquentes  et peuvent, sauf pathologie ou hérédité particulières, être souvent évitées avec de bons régimes alimentaires, des apports réguliers de vitamines, de calcium, une bonne hygiène du poulailler, un parcours permettant à nos poulettes de se muscler en cherchant leur nourriture.
Là,  elles pondront normalement, à leur rythme, et nous offriront cet œuf merveilleusement délicieux, qui est leur précieux cadeau !!!

Au centre le 1er oeuf de pacotille
Au centre le 1er œuf de Pacotille 😊

 

 

deux p’tites nouvelles !

deux p’tites nouvelles !

Ah, j’en rêvais !! Je les imaginais.

Sidonie, en était une, magnifique, bleue au camail cuivré, mais Sidonie fait partie de l’apocalypse de cet hiver au petit poulailler. Je n’ai pas eu le temps de vraiment l’apprécier cette petite cocotte et c’est bien tristement que je l’ai vue partir.

J’en recherchais donc de ces fameuses Marans ! Plus question d’aller chez la personne qui m’avait fourni Sidonie, elle a arrêté son passe-temps pour raisons personnelles.

L’annuaire des amis de l’aviculture me poussait dans des départements pas forcément proches. Alors je me disais que ce serait pour une autre fois.  Et puis…. j’ai cherché dans le Marans Club de France, et là… ma chance…un éleveur dans un village proche ! Et je n’ai jamais entendu parler de lui !!!! C’est fou….
Une bonne idée d’aller chercher dans l’annuaire des clubs de France de races qu’on voudrait, les passionnés de races en particulier sont plus nombreux qu’on ne croit.

Après un appel fin Février j’ai appris qu’ il en aurait des disponibles en Mai, là elles étaient encore trop petites. Il me fallait donc rappeler à ce moment-là, j’ai quand même signalé à l’époque que j’étais intéressée par  2  cocottes, une noire au camail argenté et une noire au camail cuivré. J’ai décidé de me faire plaisir.

Les petites nouvelles

Lundi je le rappelle, je ne risquais pas d’oublier : j’avais mis sur mon calendrier un énorme pense-bête, au sens propre comme au figuré !!
L’homme me dit qu’il va être en rupture de stock mais me les a réservées suite à notre conversation. Rendez-vous est pris, donc, pour ce mercredi 8 Mai.

Début d’après midi, en route pour récupérer mes 2 précieuses poulettes.

Je découvre encore un autre passionné, des oies de différentes races évoluent dans des parcs, des perruches magnifiques sont dans leurs volières, des pigeons aux couleurs un peu folles aussi. Et puis un grand pré avec “ses reproducteurs”, coqs et poules de la race Marans, en poules il n’a que cette race. Dans un petit bâtiment, chauffés par des lampes des poussins d’un mois, et tout proche, les jeunes qui lui restent de la “fournée” dont sont issues celles qu’il m’a réservées, quelques poulettes d’un côté à peine une dizaine, et les 2 frères, un argenté et un cuivré qui gambadent de l’autre.
Les “miennes” ont été isolées dans une grande cage de bon matin pour éviter le stress.

L’amour pour mes minis dindons me fait rencontrer des gens aussi divers que variés et que je n’aurais jamais croisés autrement. Même si pour certains je ne partage pas, voire pas du tout l’approche de l’animal, les échanges sont toujours enrichissants. Ils me permettent d’apprendre, d’échanger,  de me situer et,  au pire me rassurer parfois sur mes positionnements.
Là je suis face à un passionné par cette race et amoureux des oiseaux.
Sa façon de les prendre pour me les donner, de me les montrer, de les décrire, tout est dit. Ayant encore appris quelques trucs, en route direction la maison, sous une pluie torrentielle (j’ai le chic pour ramener des poules chez moi sous des temps pourris)  avec mes poulettes, qui à 4 mois sont sacrément robustes.
Je suis ravie que le voyage ne dure qu’un quart d’heure, parce que malgré le carton solide et les attaches… ça sent la rébellion là-dedans !!!

Les demoiselles sont installées dans un petit enclos mis à cette intention dans le poulailler, histoire de faire connaissance en douceur avec les copines. Ces dernières sont dehors et ne se rendent compte de rien.
Seule Eulalie qui s’obstine à vouloir couver (j’ai réussi à dissuader Nuage au bout d’une semaine, mais Eulalie…..pfffff, plus têtu j’ai pas encore trouvé)  revient s’installer dans son nid sans rien regarder de ce qui se passe à côté d’elle : objectif le nid, elle bouscule l’enclos des nouvelles pour s’affaler comme une grosse crêpe. Eulalie est un bulldozer. Bon, ben au moins une qui ne sera pas trop stressée !

Au moment du coucher, Nuage monte sur l’enclos, histoire de voir si, vu de dessus, ça confirme ce qu’elle a vu en bas. Oui c’est bien ca ! Ah les lubies de notre maman sans plumes…….Bon on fera avec alors ! Et elle grimpe sur son perchoir.
Dentelle, en bonne dominante y est déjà : “des petites nouvelles ?” Ça ne la dérange pas…. elle en a vu d’autres et ne se sent pas du tout vulnérable pour perdre sa place. Toutefois Minute et Escampette sont un peu nerveuses mais le calme des anciennes les rassure, et hop sur le perchoir pour une bonne nuit.
Mes deux petites nouvelles sont l’une contre l’autre, l’union fait la force, elles restent au sol (il faut montrer qu’on est soumises) mais pas de “gros” stress apparent.

Jeudi matin je les laisse fermées au poulailler, puis voyant que tout se passait bien, en rentrant du travail je les ai  libérées un moment sous surveillance.
Leur premier réflexe est de se précipiter vers la grosse poule sympa qui est aussi dans le poulailler, celle qui couve et qui, en bonne maman va les protéger pensent-elles…..ben non….ce n’est pas une bonne idée les filles !!!  Elles sont assez rapidement recadrées par le volatile en question, mais Eulalie n’étant pas une teigne, loin de là, ça reste assez “léger”. Bon c’est la première découverte de la hiérarchie du bec pour mes petites nouvelles !

Elles ont compris le fonctionnement :  peu éloignées du poulailler au moment du coucher, elles rentrent avec les autres, même si on sent que tout le monde s’observe. Les 4 Dalton d’un côté, et les 2 petites nouvelles de l’autre, d’où encore une fois le côté positif de les insérer à minima par 2 si on a le choix.
Evidemment Eulalie est encore entre les 2 groupes, comme d’habitude !!! 😏 Je crois qu’Eulalie fait du lien !!!

Depuis 2 jours elles gambadent et découvrent leur nouvel univers. Tout le monde cohabite à peu près, dans la découverte mutuelle, avec parfois des petites explications “façon poule”, mais c’est indispensable au fonctionnement serein d’un poulailler.  Si ces remises en place sont ponctuelles et sans blessures, elles ne sont que normales même si parfois nous voudrions intervenir. Nous devons l’accepter, jusqu’à un certain point bien-sûr.

La petite noire au camail argenté est prénommée Pâquerette, et celle au camail cuivré Pacotille.

“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

C’est quand j’étais petite, il y a déjà maintenant quelques temps 😉, que j’ai entendu cette phrase pour la première fois.

Automne dans mon Beaujolais

Mes racines beaujolaises, m’ont fait passer beaucoup de temps dans ce petit village au milieu des vignes, où une partie de la famille était fermière.
Une grande tante, sœur cadette de ma grand-mère, et personnage haut en couleurs, rustique au tempérament bien trempé, femme de tête qui avait dû faire tourner la ferme seule, de la fin des années 30 au milieu des années 90 date de sa disparition, me voyait souvent arriver au hasard d’une balade en vélo.
Je faisais la tournée des animaux, pour leur dire bonjour, les caresser, leur raconter tous les secrets dont j’étais certaine qu’ils ne répéteraient rien.
J’allais de l’étable ou du pré avec une dizaine de vaches, (dont le lait servait à la consommation familiale, celle du voisinage, à celle d’ un fromager du coin), aux  clapiers avec lapins condamnés à finir dans les assiettes ce qui m’empêchait de trop m’y attarder…je ne supportais pas leur destiné et rentrais parfois dans des tractations pour en épargner un ou deux, ça marchait le temps de mon séjour, ensuite…ils disparaissaient….
J’allais voir les cochons courir dans leur pré mais eux aussi voués à un avenir tout tracé. Venaient ensuite tous les autres animaux chats, chiens, et enfin je filais derrière la maison vers les poulaillers.

J’ai le souvenir de grands espaces, en dehors des lapins les animaux allaient dans les prés en semi-liberté. Les poules se promenaient dans l’herbe au milieu des vaches, le soir elles rentraient dans leur poulailler. Et puis il y avait cet autre terrain attenant et son propre poulailler avec ce que moi je trouvais être juste “d’autres poules”.

J’accompagnais parfois “la tatan” (dans ce coin on met des “la” devant tout ce qui bouge….le tonton, la tatan, le Jeannot, la Marie….) donc j’accompagnais la tatan nourrir les poules.
Nourriture pour le premier espace et nourriture pour le second. Je me souviens qu’un jour je lui ai demandé pourquoi elle ne les mettait pas tous ensemble au lieu de passer partout pour la même chose, la réponse a été ” je ne veux pas les confondre !”
– Ah bon ? Pourquoi ????
– Ceux là c’est pour les manger, les autres c’est les pondeuses !! On ne tue pas les pondeuses !!!! Elles nous donnent leur œufs alors on leur doit bien ca !!! Pour le reste faut laisser faire la vie !!!!

Bon…..devenue adulte j’ai compris que “pour le reste faut laisser faire la vie” c’était les renards, les fouines et autres prédateurs qui réglaient le problème des poules un peu vieillottes…ou pas.
Mais connaissant le personnage pour qui “un sou était un sou”, je m’étais dit  que, quand même c’était plus sympa d’être une pondeuse qu’autre chose ici, et que l’air de rien “la tatan” était gentille même si je ne m’en rendais pas toujours compte tellement elle parlait fort et me filait une trouille bleue quand elle grimpait dans les vocalises et les expressions locales.

Alors ne nous voilons pas la face, on n’est pas dans une image d’Epinal.

La ferme devait nourrir et rapporter. Ma seule certitude est que, dans ce début des années 70, là-bas en tous cas, les animaux de leur vivant étaient bien traités et leurs abattages moins barbares (même s’il n’y a pas de mort heureuse),  que dans les abattoirs d’aujourd’hui : ils avaient lieu à la ferme avec ceux qui avaient élevé l’animal.
Les prises de conscience végétariennes étaient une donnée totalement abstraite, vécue comme une originalité. Aujourd’hui elles trouvent leur légitimité dans ce que sont nos excès de tous ordres et c’est tant mieux si une vraie réflexion, et des modifications comportementales  en émergent.

C’était rare à l’époque et ca l’est encore aujourd’hui, où passé un certain âge associé à une baisse de rentabilité des poules c’est : hop…direction la casserole.
Mais on ne mangeait pas les pondeuses dans cette ferme.
J’ai repris à mon compte avec beaucoup de ferveur cette philosophie. Elle est comme un contrat moral entre mes cocottes et moi, et comme un lien entre ce que je suis aujourd’hui et ceux qui m’ont précédée dans cet élevage, mes racines.

Il n’empêche que, la longue vie de “la tatan” s’est arrêtée un matin alors qu’elle était en train d’ouvrir les portes du poulailler, au milieu de ses chères pondeuses, accompagnée de son chien adoré. Je suis certaine qu’elle n’aurait pas voulu mieux.

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