Un précieux cadeau

Un précieux cadeau

De l’habitude à la banalisation :

Quand tout ou presque  est à portée de mains, faire ses courses est banal, acheter des aliments l’est aussi. Une salade ? On ramènera la salade. Des pâtes ? On ramènera les pâtes. Des œufs ? Les œufs seront aussi du voyage et tout ça quelle que soit la saison.

Les questions quant à la fabrication de tous ces aliments ne nous viennent pas, ou peu à l’esprit. Il a fallu des scandales sanitaires et/ou liés aux conditions d’élevage et d’abattage des animaux voués à la production pour qu’une conscience apparaisse, à peine à l’état d’ébauche pour beaucoup encore.
Acheter du vivant, (animal ou végétal) ne nous questionne pas plus sur sa fabrication et sa disponibilité en grande quantité que d’acheter de la lessive.

Visites de fermes  autrefois normalité  et devenues aujourd’hui pédagogiques, salon de l’agriculture et autres lieux pouvant montrer aux petits comme aux grands que l’aliment est issu d’un travail humain ou animal, et quoi qu’il en soit de la nature, sont devenus vecteurs d’apprentissages.
Les poissons ne sont pas carrés, le pain ne cuit pas sous un papier, les fruits et  légumes ne poussent pas en une journée ni en toutes saisons, le lait est fabriqué par des vaches qui ont dû vêler pour ça sinon pas de lait, les œufs ne se trouvent pas par boite de 30 sans qu’il y ait des explications à cela et pas forcément réjouissantes.

Ces banalisations du quotidien nous ont amenés à penser que tous ces produits sont exempts des cycles naturels.
Pourtant, seul l’humain en a décidé ainsi.

Etre juste un peu plus en lien avec la nature, l’observer et si on a la chance de le faire : produire soi-même une partie de son alimentation, obligent à constater que si on laisse la nature suivre son cours, et bien elle prend vraiment son temps en respectant des rythmes saisonniers et biologiques.
Ainsi nos cocottes pondront un certain temps puis elles arrêteront. Ainsi va la vie.

L’hiver aussi, la ponte baisse fortement, voire s’arrête selon l’âge des poules, les races, etc.
C’est complètement normal et il est normal de le respecter. Parfois, lors d’une visite au poulailler on trouvera un œuf qu’on n’attendait pas et qui, pour le coup, sera encore plus apprécié qu’aux autres saisons.
La ponte dépendant essentiellement de la durée de luminosité (au moins 10h par jour) qui est très courte en hiver, cette saison sera celle où nos cocottes se reposeront, ce qui tombe plutôt bien car leur organisme est déjà sollicité pour lutter contre le froid.
L’énergie mise dans la fabrication d’un œuf est très bien expliquée dans la vidéo de ce lien. Tout y est, fabrication de l’œuf, cycles, etc.

Comme déjà expliqué dans le chapitre l’hiver, il conviendra pour les aider à passer ce cap de faire 2 ou 3 petites choses pour nos poulettes. Le printemps revenu elles reprendront leur rythme de ponte.

Mais si pondre est naturel pour nos boules de plumes,  cet acte n’est pas sans danger pour elles.

Elles risquent quotidiennement leur vie en le faisant. 

Un œuf mal formé, mou, trop gros, des problèmes de coquilles, sont autant de dangers au moment de la ponte.

En avoir conscience rend ce trésor quotidien encore plus précieux.

Le plus impressionnant est sans doute le prolapsus cloacal. Tout peut aller très vite.
En pondant le cloaque expulse l’œuf puis revient immédiatement à sa place. Dans le cas d’un prolapsus, il reste sorti.
Si on le voit à temps, il est parfois possible de le rentrer en s’y prenant avec délicatesse, Mais il semble qu’il reste une fragilité pour la poule concernée. Nombre d’articles sur le sujet expliquent ce qu’il “faut” faire dans ce cas. A ce jour je n’ai jamais pratiqué cette manipulation et ne peux donc commenter.
Par contre j’ai vu une poule avec les intestins sortis tant le prolapsus était important.  j’éviterai de décrire la vision d’horreur en trouvant cette pauvre malheureuse, la culpabilité de n’avoir pas été là face à sa souffrance, et inutile aussi de dire que l’issue est fatale. Son dernier œuf était cependant dans le nid…

La ponte interne est aussi un vrai problème :

Elle est souvent liée  à un œuf trop gros qui ne peut être expulsé (parfois aussi à cause de tumeurs ou infection de l’oviducte). S’en suivront un arrêt de ponte, une prostration et des écoulements nauséabonds du cloaque. Pour se débarrasser de cet œuf, la poule va forcer et mourra d’épuisement si ce n’est d’hémorragie interne. Certains interviennent manuellement pour aider l’oiseau, qui souffre énormément, à sortir cet œuf, il suffit de chercher des vidéos le montrant, (“œuf coincé poule”) pour trouver certains gestes pouvant être aidants. Quoiqu’il en soit, il faudra donner un traitement ciblé à la poule pour éviter les infections liées à cet œuf “coincé”.

L’œuf mou, en dehors de son aspect très curieux,  peut arriver assez fréquemment en tout début de ponte le système reproducteur de nos cocottes n’étant pas complètement mature. Si cela se produit chez une poule adulte, c’est le signe d’un manque de minéraux (calcium surtout). Comme il n’a pas de coquille lisse il est difficilement expulsé, parfois sur 2 jours et la poule peut en mourir : épuisement, crise cardiaque…

L’œuf avec coquille abîmée  peut, quant à lui, provoquer des éraflures à son passage et donc des saignements avec risques d’infection, même une hémorragie.

Les œufs déformés peuvent eux, être liés à trop de calcium ou alors à une poule âgée qui pond de moins en moins et leur ponte n’est pas toujours facile en fonction de la déformation.

L’œuf n’est donc pas si anodin qu’il en a l’air !!!

Cela dit, certaines de ces difficultés sont peu fréquentes  et peuvent, sauf pathologie ou hérédité particulières, être souvent évitées avec de bons régimes alimentaires, des apports réguliers de vitamines, de calcium, une bonne hygiène du poulailler, un parcours permettant à nos poulettes de se muscler en cherchant leur nourriture.
Là,  elles pondront normalement, à leur rythme, et nous offriront cet œuf merveilleusement délicieux, qui est leur précieux cadeau !!!

Au centre le 1er oeuf de pacotille
Au centre le 1er œuf de Pacotille 😊

 

 

deux p’tites nouvelles !

deux p’tites nouvelles !

Ah, j’en rêvais !! Je les imaginais.

Sidonie, en était une, magnifique, bleue au camail cuivré, mais Sidonie fait partie de l’apocalypse de cet hiver au petit poulailler. Je n’ai pas eu le temps de vraiment l’apprécier cette petite cocotte et c’est bien tristement que je l’ai vue partir.

J’en recherchais donc de ces fameuses Marans ! Plus question d’aller chez la personne qui m’avait fourni Sidonie, elle a arrêté son passe-temps pour raisons personnelles.

L’annuaire des amis de l’aviculture me poussait dans des départements pas forcément proches. Alors je me disais que ce serait pour une autre fois.  Et puis…. j’ai cherché dans le Marans Club de France, et là… ma chance…un éleveur dans un village proche ! Et je n’ai jamais entendu parler de lui !!!! C’est fou….
Une bonne idée d’aller chercher dans l’annuaire des clubs de France de races qu’on voudrait, les passionnés de races en particulier sont plus nombreux qu’on ne croit.

Après un appel fin Février j’ai appris qu’ il en aurait des disponibles en Mai, là elles étaient encore trop petites. Il me fallait donc rappeler à ce moment-là, j’ai quand même signalé à l’époque que j’étais intéressée par  2  cocottes, une noire au camail argenté et une noire au camail cuivré. J’ai décidé de me faire plaisir.

Les petites nouvelles

Lundi je le rappelle, je ne risquais pas d’oublier : j’avais mis sur mon calendrier un énorme pense-bête, au sens propre comme au figuré !!
L’homme me dit qu’il va être en rupture de stock mais me les a réservées suite à notre conversation. Rendez-vous est pris, donc, pour ce mercredi 8 Mai.

Début d’après midi, en route pour récupérer mes 2 précieuses poulettes.

Je découvre encore un autre passionné, des oies de différentes races évoluent dans des parcs, des perruches magnifiques sont dans leurs volières, des pigeons aux couleurs un peu folles aussi. Et puis un grand pré avec “ses reproducteurs”, coqs et poules de la race Marans, en poules il n’a que cette race. Dans un petit bâtiment, chauffés par des lampes des poussins d’un mois, et tout proche, les jeunes qui lui restent de la “fournée” dont sont issues celles qu’il m’a réservées, quelques poulettes d’un côté à peine une dizaine, et les 2 frères, un argenté et un cuivré qui gambadent de l’autre.
Les “miennes” ont été isolées dans une grande cage de bon matin pour éviter le stress.

L’amour pour mes minis dindons me fait rencontrer des gens aussi divers que variés et que je n’aurais jamais croisés autrement. Même si pour certains je ne partage pas, voire pas du tout l’approche de l’animal, les échanges sont toujours enrichissants. Ils me permettent d’apprendre, d’échanger,  de me situer et,  au pire me rassurer parfois sur mes positionnements.
Là je suis face à un passionné par cette race et amoureux des oiseaux.
Sa façon de les prendre pour me les donner, de me les montrer, de les décrire, tout est dit. Ayant encore appris quelques trucs, en route direction la maison, sous une pluie torrentielle (j’ai le chic pour ramener des poules chez moi sous des temps pourris)  avec mes poulettes, qui à 4 mois sont sacrément robustes.
Je suis ravie que le voyage ne dure qu’un quart d’heure, parce que malgré le carton solide et les attaches… ça sent la rébellion là-dedans !!!

Les demoiselles sont installées dans un petit enclos mis à cette intention dans le poulailler, histoire de faire connaissance en douceur avec les copines. Ces dernières sont dehors et ne se rendent compte de rien.
Seule Eulalie qui s’obstine à vouloir couver (j’ai réussi à dissuader Nuage au bout d’une semaine, mais Eulalie…..pfffff, plus têtu j’ai pas encore trouvé)  revient s’installer dans son nid sans rien regarder de ce qui se passe à côté d’elle : objectif le nid, elle bouscule l’enclos des nouvelles pour s’affaler comme une grosse crêpe. Eulalie est un bulldozer. Bon, ben au moins une qui ne sera pas trop stressée !

Au moment du coucher, Nuage monte sur l’enclos, histoire de voir si, vu de dessus, ça confirme ce qu’elle a vu en bas. Oui c’est bien ca ! Ah les lubies de notre maman sans plumes…….Bon on fera avec alors ! Et elle grimpe sur son perchoir.
Dentelle, en bonne dominante y est déjà : “des petites nouvelles ?” Ça ne la dérange pas…. elle en a vu d’autres et ne se sent pas du tout vulnérable pour perdre sa place. Toutefois Minute et Escampette sont un peu nerveuses mais le calme des anciennes les rassure, et hop sur le perchoir pour une bonne nuit.
Mes deux petites nouvelles sont l’une contre l’autre, l’union fait la force, elles restent au sol (il faut montrer qu’on est soumises) mais pas de “gros” stress apparent.

Jeudi matin je les laisse fermées au poulailler, puis voyant que tout se passait bien, en rentrant du travail je les ai  libérées un moment sous surveillance.
Leur premier réflexe est de se précipiter vers la grosse poule sympa qui est aussi dans le poulailler, celle qui couve et qui, en bonne maman va les protéger pensent-elles…..ben non….ce n’est pas une bonne idée les filles !!!  Elles sont assez rapidement recadrées par le volatile en question, mais Eulalie n’étant pas une teigne, loin de là, ça reste assez “léger”. Bon c’est la première découverte de la hiérarchie du bec pour mes petites nouvelles !

Elles ont compris le fonctionnement :  peu éloignées du poulailler au moment du coucher, elles rentrent avec les autres, même si on sent que tout le monde s’observe. Les 4 Dalton d’un côté, et les 2 petites nouvelles de l’autre, d’où encore une fois le côté positif de les insérer à minima par 2 si on a le choix.
Evidemment Eulalie est encore entre les 2 groupes, comme d’habitude !!! 😏 Je crois qu’Eulalie fait du lien !!!

Depuis 2 jours elles gambadent et découvrent leur nouvel univers. Tout le monde cohabite à peu près, dans la découverte mutuelle, avec parfois des petites explications “façon poule”, mais c’est indispensable au fonctionnement serein d’un poulailler.  Si ces remises en place sont ponctuelles et sans blessures, elles ne sont que normales même si parfois nous voudrions intervenir. Nous devons l’accepter, jusqu’à un certain point bien-sûr.

La petite noire au camail argenté est prénommée Pâquerette, et celle au camail cuivré Pacotille.

“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

C’est quand j’étais petite, il y a déjà maintenant quelques temps 😉, que j’ai entendu cette phrase pour la première fois.

Automne dans mon Beaujolais

Mes racines beaujolaises, m’ont fait passer beaucoup de temps dans ce petit village au milieu des vignes, où une partie de la famille était fermière.
Une grande tante, sœur cadette de ma grand-mère, et personnage haut en couleurs, rustique au tempérament bien trempé, femme de tête qui avait dû faire tourner la ferme seule, de la fin des années 30 au milieu des années 90 date de sa disparition, me voyait souvent arriver au hasard d’une balade en vélo.
Je faisais la tournée des animaux, pour leur dire bonjour, les caresser, leur raconter tous les secrets dont j’étais certaine qu’ils ne répéteraient rien.
J’allais de l’étable ou du pré avec une dizaine de vaches, (dont le lait servait à la consommation familiale, celle du voisinage, à celle d’ un fromager du coin), aux  clapiers avec lapins condamnés à finir dans les assiettes ce qui m’empêchait de trop m’y attarder…je ne supportais pas leur destiné et rentrais parfois dans des tractations pour en épargner un ou deux, ça marchait le temps de mon séjour, ensuite…ils disparaissaient….
J’allais voir les cochons courir dans leur pré mais eux aussi voués à un avenir tout tracé. Venaient ensuite tous les autres animaux chats, chiens, et enfin je filais derrière la maison vers les poulaillers.

J’ai le souvenir de grands espaces, en dehors des lapins les animaux allaient dans les prés en semi-liberté. Les poules se promenaient dans l’herbe au milieu des vaches, le soir elles rentraient dans leur poulailler. Et puis il y avait cet autre terrain attenant et son propre poulailler avec ce que moi je trouvais être juste “d’autres poules”.

J’accompagnais parfois “la tatan” (dans ce coin on met des “la” devant tout ce qui bouge….le tonton, la tatan, le Jeannot, la Marie….) donc j’accompagnais la tatan nourrir les poules.
Nourriture pour le premier espace et nourriture pour le second. Je me souviens qu’un jour je lui ai demandé pourquoi elle ne les mettait pas tous ensemble au lieu de passer partout pour la même chose, la réponse a été ” je ne veux pas les confondre !”
– Ah bon ? Pourquoi ????
– Ceux là c’est pour les manger, les autres c’est les pondeuses !! On ne tue pas les pondeuses !!!! Elles nous donnent leur œufs alors on leur doit bien ca !!! Pour le reste faut laisser faire la vie !!!!

Bon…..devenue adulte j’ai compris que “pour le reste faut laisser faire la vie” c’était les renards, les fouines et autres prédateurs qui réglaient le problème des poules un peu vieillottes…ou pas.
Mais connaissant le personnage pour qui “un sou était un sou”, je m’étais dit  que, quand même c’était plus sympa d’être une pondeuse qu’autre chose ici, et que l’air de rien “la tatan” était gentille même si je ne m’en rendais pas toujours compte tellement elle parlait fort et me filait une trouille bleue quand elle grimpait dans les vocalises et les expressions locales.

Alors ne nous voilons pas la face, on n’est pas dans une image d’Epinal.

La ferme devait nourrir et rapporter. Ma seule certitude est que, dans ce début des années 70, là-bas en tous cas, les animaux de leur vivant étaient bien traités et leurs abattages moins barbares (même s’il n’y a pas de mort heureuse),  que dans les abattoirs d’aujourd’hui : ils avaient lieu à la ferme avec ceux qui avaient élevé l’animal.
Les prises de conscience végétariennes étaient une donnée totalement abstraite, vécue comme une originalité. Aujourd’hui elles trouvent leur légitimité dans ce que sont nos excès de tous ordres et c’est tant mieux si une vraie réflexion, et des modifications comportementales  en émergent.

C’était rare à l’époque et ca l’est encore aujourd’hui, où passé un certain âge associé à une baisse de rentabilité des poules c’est : hop…direction la casserole.
Mais on ne mangeait pas les pondeuses dans cette ferme.
J’ai repris à mon compte avec beaucoup de ferveur cette philosophie. Elle est comme un contrat moral entre mes cocottes et moi, et comme un lien entre ce que je suis aujourd’hui et ceux qui m’ont précédée dans cet élevage, mes racines.

Il n’empêche que, la longue vie de “la tatan” s’est arrêtée un matin alors qu’elle était en train d’ouvrir les portes du poulailler, au milieu de ses chères pondeuses, accompagnée de son chien adoré. Je suis certaine qu’elle n’aurait pas voulu mieux.

img105
 

 

 

 

 

Sale hiver au petit poulailler….

Sale hiver au petit poulailler….

L’hiver a été long pour le petit poulailler…

Même si Février a été exceptionnellement beau et chaud, inquiétant d’un point de vue climatique, les jours étaient courts, un froid nocturne encore présent était systématiquement là, comme la morosité.

L’hiver a été jusqu’au bout compliqué pour mes cocottes, il valait mieux un vrai froid sec que ces journées alternant entre humidité, froid et soleil. Là où les humains ont été fragilisés par la grippe, mes poulettes l’ont été dans leur immunité. En bref, chez nous ca a été compliqué cette année. Nous avons jonglé toutes, entre les soucis de santé des unes et des autres, moi y compris.

Philomène a ouvert le bal en partant comme je l’ai expliqué ici. Puis Sidonie atteinte de coryza a suivi, malgré mes soins je n’ai pas pu la sauver. Ses copines commençaient à être contaminées, là j’ai pu enrayer les choses.
Ensuite un petit temps de repos et Léontine victime de son  jabot tant fragilisé est morte, usée, mais sans souffrance, cette fois le jabot n’était pas vraiment en cause, il semble que son cœur ait lâché, fatigué de tant de luttes, entraînant ma réflexion sur le “et si c’était à refaire…?”.

Récemment J’ai vu partir Jacquotte et Nougatine….

Nougatine a eu un genre de bronchite, il y a 1 mois. Je l’ai soignée comme j’ai pu, en allopathie, puis  traitement aux huiles essentielles. Elle semblait guérie. Après  15 jours de soins elle a profité d’une semaine à courir à nouveau. Les soins aux huiles essentielles ont continué pendant cette période, elle semblait en pleine forme. Mais je remarquais qu’elle ne reprenait pas de poids, elle en avait perdu pendant sa maladie, et la remontée était difficile, mais elle mangeait et semblait aller bien, tout le petit poulailler était sous vitamines et EPP pour favoriser les défenses immunitaires, sans parler de pâtées spéciales “poulettes à requinquer”. Un matin, Nougatine se tenait en retrait, malgré ma remise en soins elle est morte le lendemain.

Nougatine 2018

Le même jour Jacquotte, ma doyenne, est morte aussi, dans le petit nid où je l’avais placée, bien au chaud. Depuis 2 jours elle semblait moins en forme comme “fatiguée”. Elles sont parties au même moment..c’est incroyable…. mais c’est ainsi. Elle sont ensemble aujourd’hui.

Beaucoup de réflexions engendrées pour moi face à tout ca…
Ce ne sont pas mes premières poules et il y en aura d’autres. Je sais donc qu’il y a des “sales périodes” comme ca parfois.
Les soins médicaux aux poules ne sont pas simples… Les vétérinaires sont rarement motivés pour la plupart, peut-être parce qu’en zones rurales les poules malades ne sont pas vraiment repérées dans les petits élevages fermiers, en tous cas pendant longtemps ca a été le cas…et leur finitude est plus souvent dans une gamelle que de façon plus “naturelle”.
Je vois encore comment fonctionnent certains propriétaires de poules aux alentours qui les retrouvent mortes un matin, si elles allaient mal la veille personne ne l’a vu. Leur temps passé auprès des animaux reste celui de la distribution de nourriture, donc peu de temps. Tout le monde ne partage pas de moments avec elles, ne vient pas vérifier le soir et le matin si tout va bien. Il faut les avoir bien observées en pleine forme pour les remarquer différentes quand elles le sont.
Pour beaucoup de vétérinaires donc, une poule n’est pas un animal qu’on soigne. Comme nous sommes peu nombreux dans le coin à avoir cette démarche de soins, le côté rentable reste aussi probablement pour eux sujet à réflexion, ce point va sans doute en froisser certains mais il y a, là aussi beaucoup à dire, je le maintiens.
Les oiseaux sont particuliers à soigner, comme tout ce qui n’est pas mammifère, et soit on se heurte à l’indifférence, soit on fait face à l’affolement….la peur du H1N1 a laissé des traces et certains ont vite tendance à déclencher le plan orsec.
Hé ho !!!!! On se calme !!!!!! Une poule a le droit d’être malade sans mettre en cause la sécurité nationale !!!!

Alors il faut se tourner vers d’autres passionnés… Internet nous offre cette chance et possibilité.
Tout comme moi ils ont “tâtonné” fait des erreurs, puis réussi, noté leurs démarches. On se transmet donc nos façons de faire dans tel ou tel cas. Comme ce sont des démarches individuelles, on peut avoir plusieurs réponses pour une même question…il faut alors  aller vers ce qui nous semble le plus proche de notre conscience, et dans le respect de notre cocotte.

Je me dis que là où j’en sauve aujourd’hui, il y a quelques années je n’aurais pas su quoi faire et elles seraient mortes.  J’ai envie aussi de croire que celles qui meurent aujourd’hui me permettront d’être encore plus efficace une autre fois….peut-être.

Et puis il y a l’affect…. Ah l’affect !!!!! Etre proche de ses animaux veut dire souffrir quand le lien s’arrête. Comme pour les humains.
S’ouvrir à l’autre, qu’il ait 2 ou 4 pattes, des plumes, des poils etc. offre la joie de sa découverte et la certitude de la tristesse à la fin de la relation, séparation ou mort.
Chaque larme est différente. Cependant elle est là et doit couler.
Alors quand une habitante du petit poulailler disparaît….. un petit coin de mon cœur souffre du petit trou qu’elle y creuse pour s’y blottir à jamais. Et moi, je ne peux que la remercier du bonheur qu’elle m’a donné.

jacquotte 2018

 

 

Brrrr… on se gèle les plumes !!

Brrrr… on se gèle les plumes !!

Le drôle d’oiseau qu’est la poule n’aime pas l’hiver..

Alors la neige….on n’en parle même pas.
C’est froid, mouillé, ça colle aux pattes et en plus sous cette terre blanche, pas d’herbe, pas de petits vers, rien.

On les verra alors se promener comme des flamands roses, une patte au sol l’autre dans le plumage. Si elles pouvaient être en lévitation, elles le feraient. Des courageuses, toujours les mêmes d’ailleurs, sortent malgré tout, quand d’autres restent au poulailler, l’œil morne et la crête en biais.

Comme pour les humains, il y a des choses à adapter dans cette période de froid pour les aider à , passer ce cap.

Le poulailler :

il doit être impérativement sec et sans courants d’air. L’humidité, à n’importe quelle saison, est porteuse de maladies
et l’hiver les organismes sont plus fragilisés. Donc de la paille sèche, en bonne quantité au sol permettra à nos cocottes d’avoir les pattes au sec et au chaud en journée (la nuit elles se collent les unes aux autres sur les perchoirs).
Si l’air doit circuler, il ne faut pas de courants d’air qui les refroidissent, tout comme nous ! Alors en hiver on calfeutre un peu plus les ouvertures, on laisse un peu d’air circuler en hauteur, là où il ne les atteint pas.

La nourriture :

Bien évidemment il faut veiller à la nourriture, encore plus en cette période. Si l’été une petite salade nous suffit, l’hiver nous sommes attirés par les bons plats de terroir, bien caloriques et tout autant délicieux !!!! Les poules c’est pareil !!! Donc on rajoute des protéines, des vitamines dans les pâtées spéciales “poules aux sports d’hiver”. J’en parle dans la page “l’hiver est arrivé”. On n’oublie pas non plus l’eau qui est indispensable été comme hiver. Il faut veiller à ce qu’elle ne soit pas gelée….le bec ne permet pas de casser la glace !!!

Tenue de ski ?

Non ! Pas de salopettes, bonnets ou moon-boots, elles n’aiment pas (ouf ça nous arrange) !!!! Mais il faut quand même protéger par très grand froid, les extrémités de nos minis-dindons. Alors quand elles sont toutes rentrées le soir, à l’heure où c’est le plus facile de toutes les avoir sous la main, passer une couche de crème grasse, vaseline/beurre de karité, etc, (bannissez les cosmétiques !!!!)  sur la crête et les barbillons de ce petit monde. En effet, ils peuvent geler et entraîner des blessures importantes. Même les crêtes peu visibles (selon les races), doivent être protégées. Renouveler chaque jour tant que le grand froid persiste et on en profite pour vérifier l’état général de nos protégées et passer un peu de temps avec elles (nous aussi avons tendance à ne pas traîner dehors avec ce temps, et donc moins partager de moments avec nos tas de plumes, alors c’est une occasion !) .

Nos poules sont rustiques, et à quelques races près, elles supportent très bien le froid. Un rayon de soleil et hop tout le monde s’étire pour en profiter, emmagasiner un peu d’énergie et de vitamine D. Ces descendantes de dinosaures ont colonisé la planète du Nord au Sud, et elles ont su s’adapter, ne l’oublions pas.

Bon….ca ronchonne un peu, mais si on prend des précautions comme celles ci-dessus, on les verra arriver en pleine forme au printemps, et retrouver le sourire !!

Léontine 😢

Léontine 😢

Le printemps c'est plus rigolo !!!!

En rentrant du travail ce soir, j’ai retrouvé Léontine couchée tranquillement, comme endormie, sous les perchoirs du poulailler…….morte.

Pas de signe de violence, elle n’a juste pas du sortir ce matin et mourir tranquillement dans la journée, usée par les récidives toutes plus agressives les unes que les autres de ses soucis de jabot. L’opération a eu lieu il y a tout juste un an… : elle a “gagné” un an…..
Depuis j’ai dû gérer avec les moyens du bord chaque période difficile pour elle, (plus question de réopérer ce jabot fragile), l’aider à vomir, la réalimenter doucement. La dernière fois j’ai même cru que c’était la fin, mais non, Léontine avait repris la forme et jusqu’à hier soir elle est sortie avec ses copines en grattant encore le jardin au soleil de l’après-midi.
Je pense que le cœur a lâché, épuisé par ces états de détresse récurrents.

Adieu petite Lélé, vole au paradis des ” petites poulettes gentilles” où on peut manger de tout et autant qu’on veut, courir après les papillons et les moucherons sans problèmes de jabot, parce que là bas, ils ne sont pas indispensables pour être bien.
Prends des petits bains de poussière d’étoiles. Endors toi ce soir sur ton perchoir en nuage, bien collée contre ta grande copine Mauricette et toutes tes copines du petit poulailler qui se sont envolées avant toi…..

                                                              😪

Nouvelle page sur le site

Nouvelle page sur le site

Une nouvelle page concernant diverses races de ces boules de plumes que sont nos cocottes, est mise en ligne ce jour !!! Cliquer ici

Nino 2000

 

2019

2019

🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓🐓

Que cette nouvelle année nous apporte de jolis petits escargots
De délicieux vermisseaux et moucherons devant nos becs curieux
Des jolies fleurs sauvages à déguster
De bonnes graines pour compléter
Des grandes herbes pour nous cacher
De la bonne terre pour se rouler dedans ou pour gratter
Du soleil pour réchauffer nos plumes
De jolies aventures au pti poulailler
Des copines pour caqueter
Et Pascale pour nous bichonner !!! 😃

bonne année 2019 JPECV

On dit “le” ou “la” neige ???

On dit “le” ou “la” neige ???

Ramenée le 29 Octobre, sous une neige importante Neige s’est vue affublée d’un nom évident au vu de la situation à son arrivée. Récupérée “à la va vite” chez la personne qui me fournit certaines de mes cocottes, dans une demie-pénombre car dehors il faisait presque nuit et sous une pluie battante, comme je l’ai expliqué dans l’article concernant l’échange fait ce jour-là, à savoir Pollen contre une poulette. 

Pas question pour moi ni pour les cocottes du petit poulailler, d’avoir un coq à la maison, en tous cas pour le moment on a toutes besoin de faire un petit break après le passage de Pollen, notre gugusse à plumes.

Neige est donc la bienvenue. Très occupée la semaine de son arrivée par le nettoyage des dégâts du jardin suite à la neige qui a cassé beaucoup d’arbres, et elle qui se tient un peu en retrait et craintive, je ne l’observe pas vraiment de près.

La semaine suivante, un soir, je la vermifuge…,

Elle est dans mes bras, je trouve qu’elle est quand même charpentée différemment des poules Brahma que j’ai eues, et son bec est plus gros aussi…..oula……..vieux doute…….je regarde de plus près et de magnifiques lancettes blanches sont gentiment posées sur son arrière train, blanc lui aussi. Neige est un nom masculin !!!!!

Nom d’une pipe en bois !!!! Nom de zou de nom de zou !!!!!! J’appelle illico la personne qui me l’a troquée…j’en profite pour demander des nouvelles de Pollen. Gros coco va bien.
Je décris la situation…..bon ok on échange et je viens la semaine prochaine, le 17 Novembre, le plus tôt sera le mieux pour Neige comme pour moi je pense.

Seulement voilà….les événements sociaux m’interdisent de prendre la voiture pour faire 300km aller/retour. Bon on repousse et on cale le 1er Décembre. On verra d’ici là !!!

Pendant ce temps, Neige vit sa vie de jeune coq, tranquillement, j’avoue qu’il n’est pas agressif, je culpabilise mais là tout de suite j’ai peur donc on verra une autre fois. De plus il est bien plus jeune que Pollen et n’a peut-être pas encore atteint l’âge de l’affirmation de soi….Je ne prendrai pas le risque maintenant.

Le 1er Décembre arrive et sans trop de difficultés je rejoins ma destination, avec Neige “tranquillou” dans sa cage.

Dans les bras de l’éleveur, il se laisse admirer, et un tonitruant “ah ben oui c’est un coco !!!” vient confirmer ce que je sais déjà…(ben oui, hé hé, je sais bien que vous m’avez fourgué un coq….pffff) mais je ne dis rien préférant rester en bon termes…

  • Bon alors on va chercher une poule ?
    – Oui…. même 2, je vais vous en prendre une en plus, ca sera mieux pour elles.
    – J’ai plus de Brahmas, plus rien !!! Dévalisé !!! Mais là j’ai des petites jeunes sympas et bien belles !

En passant devant un enclos, il y dépose Neige/coco qui, comme s’il n’était jamais parti de là, fonce directement vers les gamelles et piaille avec ses collègues, retrouvailles sans problème. Bon, un traumatisé en moins, ca m’aide bien pour gérer ma culpabilité.

Je le suis et trouve des jeunes poulettes splendides. Je craque sur une Sussex pure race, qui se laisse faire sans trop de soucis, et une Coucou de Rennes (race dont Philomène était un croisement). Je prends la coucou dans mes bras, elle roucoule ! Je la grattouille en l’amenant dans la cage, elle est aux anges ! Bon ben une poulette affectueuse, changez rien ! Sa copine a l’air du même acabit,  je suis ravie !!!!
Quand elles sont casées dans la voiture je demande si je peux me balader et voir Pollen qui est dans un pré annexe, pas de soucis il est au fond.
Je l’aperçois de loin, mon macho à plumes, qui roule des mécaniques devant des “ptites poulettes” et sous le regard plutôt indifférent de ses congénères. Il y a tellement de place que les coqs sont peu agressifs entre eux. Etant attendue je ne traîne pas plus, je reprendrai contact au printemps pour une petite Brahma dont j’ai trop envie, je sais qu’il en aura, et hop je quitte ce lieu, direction ma famille qui vit par là.

En route, je leur cherche un nom, tout fuse, mais vraiment tout, et la personne qui m’accompagne propose “gilet” et “jaune”, ….ben voyons…..!!!! “”Ben vu que la dernière fois la route était pleine de neige et que tu l’as appelée Neige…….”””
Délire et bon fou rire dans la voiture pendant un moment.

Dimanche matin, je les intègre doucement au groupe, ça se passe bien.

Elles sont dans le poulailler. Mais le soir je retrouve la petite Sussex mais pas la grise.
Non !!!!! Ça va pas  recommencer !!!! Pendant plus d’une heure je repars avec ma lampe de poche faire le tour de chaque bosquet, touffe d’herbe, arbre. Rien…..Il ne me reste plus qu’à espérer que tout aille au mieux pour elle, demain elle rejoindra peut-être le groupe, je n’ai pas le choix, mais je suis dégouttée.

Lundi matin, à l’ouverture de mon volet de chambre je jette un œil et que vois-je ? Mon emplumée fugueuse à côté de ma voiture dans le pré extérieur, en train d’essayer de revenir. Oulala !!! Ni une ni deux, je fonce attraper la bestiole qui dans mes bras roucoule encore, ah mais j’y crois pas !!!  Ça vient du plumage ou quoi ? Tu vas pas me la jouer Philo !!!! (J’ai bien peur que si…).

Je lui ai trouvé un nom, ce sera “Escampette“.

Quant à la petite Sussex vu que cette fois c’est vraiment une cocotte, ça sera “Minute“. Oui, je sais…………. 😁

 

arrivée de Minute et Escampette.