“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

“On ne tue pas les pondeuses !!!!”

C’est quand j’étais petite, il y a déjà maintenant quelques temps 😉, que j’ai entendu cette phrase pour la première fois.

Automne dans mon Beaujolais

Mes racines beaujolaises, m’ont fait passer beaucoup de temps dans ce petit village au milieu des vignes, où une partie de la famille était fermière.
Une grande tante, sœur cadette de ma grand-mère, et personnage haut en couleurs, rustique au tempérament bien trempé, femme de tête qui avait dû faire tourner la ferme seule, de la fin des années 30 au milieu des années 90 date de sa disparition, me voyait souvent arriver au hasard d’une balade en vélo.
Je faisais la tournée des animaux, pour leur dire bonjour, les caresser, leur raconter tous les secrets dont j’étais certaine qu’ils ne répéteraient rien.
J’allais de l’étable ou du pré avec une dizaine de vaches, (dont le lait servait à la consommation familiale, celle du voisinage, à celle d’ un fromager du coin), aux  clapiers avec lapins condamnés à finir dans les assiettes ce qui m’empêchait de trop m’y attarder…je ne supportais pas leur destiné et rentrais parfois dans des tractations pour en épargner un ou deux, ça marchait le temps de mon séjour, ensuite…ils disparaissaient….
J’allais voir les cochons courir dans leur pré mais eux aussi voués à un avenir tout tracé. Venaient ensuite tous les autres animaux chats, chiens, et enfin je filais derrière la maison vers les poulaillers.

J’ai le souvenir de grands espaces, en dehors des lapins les animaux allaient dans les prés en semi-liberté. Les poules se promenaient dans l’herbe au milieu des vaches, le soir elles rentraient dans leur poulailler. Et puis il y avait cet autre terrain attenant et son propre poulailler avec ce que moi je trouvais être juste “d’autres poules”.

J’accompagnais parfois “la tatan” (dans ce coin on met des “la” devant tout ce qui bouge….le tonton, la tatan, le Jeannot, la Marie….) donc j’accompagnais la tatan nourrir les poules.
Nourriture pour le premier espace et nourriture pour le second. Je me souviens qu’un jour je lui ai demandé pourquoi elle ne les mettait pas tous ensemble au lieu de passer partout pour la même chose, la réponse a été ” je ne veux pas les confondre !”
– Ah bon ? Pourquoi ????
– Ceux là c’est pour les manger, les autres c’est les pondeuses !! On ne tue pas les pondeuses !!!! Elles nous donnent leur œufs alors on leur doit bien ca !!! Pour le reste faut laisser faire la vie !!!!

Bon…..devenue adulte j’ai compris que “pour le reste faut laisser faire la vie” c’était les renards, les fouines et autres prédateurs qui réglaient le problème des poules un peu vieillottes…ou pas.
Mais connaissant le personnage pour qui “un sou était un sou”, je m’étais dit  que, quand même c’était plus sympa d’être une pondeuse qu’autre chose ici, et que l’air de rien “la tatan” était gentille même si je ne m’en rendais pas toujours compte tellement elle parlait fort et me filait une trouille bleue quand elle grimpait dans les vocalises et les expressions locales.

Alors ne nous voilons pas la face, on n’est pas dans une image d’Epinal.

La ferme devait nourrir et rapporter. Ma seule certitude est que, dans ce début des années 70, là-bas en tous cas, les animaux de leur vivant étaient bien traités et leurs abattages moins barbares (même s’il n’y a pas de mort heureuse),  que dans les abattoirs d’aujourd’hui : ils avaient lieu à la ferme avec ceux qui avaient élevé l’animal.
Les prises de conscience végétariennes étaient une donnée totalement abstraite, vécue comme une originalité. Aujourd’hui elles trouvent leur légitimité dans ce que sont nos excès de tous ordres et c’est tant mieux si une vraie réflexion, et des modifications comportementales  en émergent.

C’était rare à l’époque et ca l’est encore aujourd’hui, où passé un certain âge associé à une baisse de rentabilité des poules c’est : hop…direction la casserole.
Mais on ne mangeait pas les pondeuses dans cette ferme.
J’ai repris à mon compte avec beaucoup de ferveur cette philosophie. Elle est comme un contrat moral entre mes cocottes et moi, et comme un lien entre ce que je suis aujourd’hui et ceux qui m’ont précédée dans cet élevage, mes racines.

Il n’empêche que, la longue vie de “la tatan” s’est arrêtée un matin alors qu’elle était en train d’ouvrir les portes du poulailler, au milieu de ses chères pondeuses, accompagnée de son chien adoré. Je suis certaine qu’elle n’aurait pas voulu mieux.

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Sale hiver au petit poulailler….

Sale hiver au petit poulailler….

L’hiver a été long pour le petit poulailler…

Même si Février a été exceptionnellement beau et chaud, inquiétant d’un point de vue climatique, les jours étaient courts, un froid nocturne encore présent était systématiquement là, comme la morosité.

L’hiver a été jusqu’au bout compliqué pour mes cocottes, il valait mieux un vrai froid sec que ces journées alternant entre humidité, froid et soleil. Là où les humains ont été fragilisés par la grippe, mes poulettes l’ont été dans leur immunité. En bref, chez nous ca a été compliqué cette année. Nous avons jonglé toutes, entre les soucis de santé des unes et des autres, moi y compris.

Philomène a ouvert le bal en partant comme je l’ai expliqué ici. Puis Sidonie atteinte de coryza a suivi, malgré mes soins je n’ai pas pu la sauver. Ses copines commençaient à être contaminées, là j’ai pu enrayer les choses.
Ensuite un petit temps de repos et Léontine victime de son  jabot tant fragilisé est morte, usée, mais sans souffrance, cette fois le jabot n’était pas vraiment en cause, il semble que son cœur ait lâché, fatigué de tant de luttes, entraînant ma réflexion sur le “et si c’était à refaire…?”.

Récemment J’ai vu partir Jacquotte et Nougatine….

Nougatine a eu un genre de bronchite, il y a 1 mois. Je l’ai soignée comme j’ai pu, en allopathie, puis  traitement aux huiles essentielles. Elle semblait guérie. Après  15 jours de soins elle a profité d’une semaine à courir à nouveau. Les soins aux huiles essentielles ont continué pendant cette période, elle semblait en pleine forme. Mais je remarquais qu’elle ne reprenait pas de poids, elle en avait perdu pendant sa maladie, et la remontée était difficile, mais elle mangeait et semblait aller bien, tout le petit poulailler était sous vitamines et EPP pour favoriser les défenses immunitaires, sans parler de pâtées spéciales “poulettes à requinquer”. Un matin, Nougatine se tenait en retrait, malgré ma remise en soins elle est morte le lendemain.

Nougatine 2018

Le même jour Jacquotte, ma doyenne, est morte aussi, dans le petit nid où je l’avais placée, bien au chaud. Depuis 2 jours elle semblait moins en forme comme “fatiguée”. Elles sont parties au même moment..c’est incroyable…. mais c’est ainsi. Elle sont ensemble aujourd’hui.

Beaucoup de réflexions engendrées pour moi face à tout ca…
Ce ne sont pas mes premières poules et il y en aura d’autres. Je sais donc qu’il y a des “sales périodes” comme ca parfois.
Les soins médicaux aux poules ne sont pas simples… Les vétérinaires sont rarement motivés pour la plupart, peut-être parce qu’en zones rurales les poules malades ne sont pas vraiment repérées dans les petits élevages fermiers, en tous cas pendant longtemps ca a été le cas…et leur finitude est plus souvent dans une gamelle que de façon plus “naturelle”.
Je vois encore comment fonctionnent certains propriétaires de poules aux alentours qui les retrouvent mortes un matin, si elles allaient mal la veille personne ne l’a vu. Leur temps passé auprès des animaux reste celui de la distribution de nourriture, donc peu de temps. Tout le monde ne partage pas de moments avec elles, ne vient pas vérifier le soir et le matin si tout va bien. Il faut les avoir bien observées en pleine forme pour les remarquer différentes quand elles le sont.
Pour beaucoup de vétérinaires donc, une poule n’est pas un animal qu’on soigne. Comme nous sommes peu nombreux dans le coin à avoir cette démarche de soins, le côté rentable reste aussi probablement pour eux sujet à réflexion, ce point va sans doute en froisser certains mais il y a, là aussi beaucoup à dire, je le maintiens.
Les oiseaux sont particuliers à soigner, comme tout ce qui n’est pas mammifère, et soit on se heurte à l’indifférence, soit on fait face à l’affolement….la peur du H1N1 a laissé des traces et certains ont vite tendance à déclencher le plan orsec.
Hé ho !!!!! On se calme !!!!!! Une poule a le droit d’être malade sans mettre en cause la sécurité nationale !!!!

Alors il faut se tourner vers d’autres passionnés… Internet nous offre cette chance et possibilité.
Tout comme moi ils ont “tâtonné” fait des erreurs, puis réussi, noté leurs démarches. On se transmet donc nos façons de faire dans tel ou tel cas. Comme ce sont des démarches individuelles, on peut avoir plusieurs réponses pour une même question…il faut alors  aller vers ce qui nous semble le plus proche de notre conscience, et dans le respect de notre cocotte.

Je me dis que là où j’en sauve aujourd’hui, il y a quelques années je n’aurais pas su quoi faire et elles seraient mortes.  J’ai envie aussi de croire que celles qui meurent aujourd’hui me permettront d’être encore plus efficace une autre fois….peut-être.

Et puis il y a l’affect…. Ah l’affect !!!!! Etre proche de ses animaux veut dire souffrir quand le lien s’arrête. Comme pour les humains.
S’ouvrir à l’autre, qu’il ait 2 ou 4 pattes, des plumes, des poils etc. offre la joie de sa découverte et la certitude de la tristesse à la fin de la relation, séparation ou mort.
Chaque larme est différente. Cependant elle est là et doit couler.
Alors quand une habitante du petit poulailler disparaît….. un petit coin de mon cœur souffre du petit trou qu’elle y creuse pour s’y blottir à jamais. Et moi, je ne peux que la remercier du bonheur qu’elle m’a donné.

jacquotte 2018

 

 

Brrrr… on se gèle les plumes !!

Brrrr… on se gèle les plumes !!

Le drôle d’oiseau qu’est la poule n’aime pas l’hiver..

Alors la neige….on n’en parle même pas.
C’est froid, mouillé, ça colle aux pattes et en plus sous cette terre blanche, pas d’herbe, pas de petits vers, rien.

On les verra alors se promener comme des flamands roses, une patte au sol l’autre dans le plumage. Si elles pouvaient être en lévitation, elles le feraient. Des courageuses, toujours les mêmes d’ailleurs, sortent malgré tout, quand d’autres restent au poulailler, l’œil morne et la crête en biais.

Comme pour les humains, il y a des choses à adapter dans cette période de froid pour les aider à , passer ce cap.

Le poulailler :

il doit être impérativement sec et sans courants d’air. L’humidité, à n’importe quelle saison, est porteuse de maladies
et l’hiver les organismes sont plus fragilisés. Donc de la paille sèche, en bonne quantité au sol permettra à nos cocottes d’avoir les pattes au sec et au chaud en journée (la nuit elles se collent les unes aux autres sur les perchoirs).
Si l’air doit circuler, il ne faut pas de courants d’air qui les refroidissent, tout comme nous ! Alors en hiver on calfeutre un peu plus les ouvertures, on laisse un peu d’air circuler en hauteur, là où il ne les atteint pas.

La nourriture :

Bien évidemment il faut veiller à la nourriture, encore plus en cette période. Si l’été une petite salade nous suffit, l’hiver nous sommes attirés par les bons plats de terroir, bien caloriques et tout autant délicieux !!!! Les poules c’est pareil !!! Donc on rajoute des protéines, des vitamines dans les pâtées spéciales “poules aux sports d’hiver”. J’en parle dans la page “l’hiver est arrivé”. On n’oublie pas non plus l’eau qui est indispensable été comme hiver. Il faut veiller à ce qu’elle ne soit pas gelée….le bec ne permet pas de casser la glace !!!

Tenue de ski ?

Non ! Pas de salopettes, bonnets ou moon-boots, elles n’aiment pas (ouf ça nous arrange) !!!! Mais il faut quand même protéger par très grand froid, les extrémités de nos minis-dindons. Alors quand elles sont toutes rentrées le soir, à l’heure où c’est le plus facile de toutes les avoir sous la main, passer une couche de crème grasse, vaseline/beurre de karité, etc, (bannissez les cosmétiques !!!!)  sur la crête et les barbillons de ce petit monde. En effet, ils peuvent geler et entraîner des blessures importantes. Même les crêtes peu visibles (selon les races), doivent être protégées. Renouveler chaque jour tant que le grand froid persiste et on en profite pour vérifier l’état général de nos protégées et passer un peu de temps avec elles (nous aussi avons tendance à ne pas traîner dehors avec ce temps, et donc moins partager de moments avec nos tas de plumes, alors c’est une occasion !) .

Nos poules sont rustiques, et à quelques races près, elles supportent très bien le froid. Un rayon de soleil et hop tout le monde s’étire pour en profiter, emmagasiner un peu d’énergie et de vitamine D. Ces descendantes de dinosaures ont colonisé la planète du Nord au Sud, et elles ont su s’adapter, ne l’oublions pas.

Bon….ca ronchonne un peu, mais si on prend des précautions comme celles ci-dessus, on les verra arriver en pleine forme au printemps, et retrouver le sourire !!

Léontine 😢

Léontine 😢

Le printemps c'est plus rigolo !!!!

En rentrant du travail ce soir, j’ai retrouvé Léontine couchée tranquillement, comme endormie, sous les perchoirs du poulailler…….morte.

Pas de signe de violence, elle n’a juste pas du sortir ce matin et mourir tranquillement dans la journée, usée par les récidives toutes plus agressives les unes que les autres de ses soucis de jabot. L’opération a eu lieu il y a tout juste un an… : elle a “gagné” un an…..
Depuis j’ai dû gérer avec les moyens du bord chaque période difficile pour elle, (plus question de réopérer ce jabot fragile), l’aider à vomir, la réalimenter doucement. La dernière fois j’ai même cru que c’était la fin, mais non, Léontine avait repris la forme et jusqu’à hier soir elle est sortie avec ses copines en grattant encore le jardin au soleil de l’après-midi.
Je pense que le cœur a lâché, épuisé par ces états de détresse récurrents.

Adieu petite Lélé, vole au paradis des ” petites poulettes gentilles” où on peut manger de tout et autant qu’on veut, courir après les papillons et les moucherons sans problèmes de jabot, parce que là bas, ils ne sont pas indispensables pour être bien.
Prends des petits bains de poussière d’étoiles. Endors toi ce soir sur ton perchoir en nuage, bien collée contre ta grande copine Mauricette et toutes tes copines du petit poulailler qui se sont envolées avant toi…..

                                                              😪

Nouvelle page sur le site

Nouvelle page sur le site

Une nouvelle page concernant diverses races de ces boules de plumes que sont nos cocottes, est mise en ligne ce jour !!! Cliquer ici

Nino 2000

 

2019

2019

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Que cette nouvelle année nous apporte de jolis petits escargots
De délicieux vermisseaux et moucherons devant nos becs curieux
Des jolies fleurs sauvages à déguster
De bonnes graines pour compléter
Des grandes herbes pour nous cacher
De la bonne terre pour se rouler dedans ou pour gratter
Du soleil pour réchauffer nos plumes
De jolies aventures au pti poulailler
Des copines pour caqueter
Et Pascale pour nous bichonner !!! 😃

bonne année 2019 JPECV

On dit “le” ou “la” neige ???

On dit “le” ou “la” neige ???

Ramenée le 29 Octobre, sous une neige importante Neige s’est vue affublée d’un nom évident au vu de la situation à son arrivée. Récupérée “à la va vite” chez la personne qui me fournit certaines de mes cocottes, dans une demie-pénombre car dehors il faisait presque nuit et sous une pluie battante, comme je l’ai expliqué dans l’article concernant l’échange fait ce jour-là, à savoir Pollen contre une poulette. 

Pas question pour moi ni pour les cocottes du petit poulailler, d’avoir un coq à la maison, en tous cas pour le moment on a toutes besoin de faire un petit break après le passage de Pollen, notre gugusse à plumes.

Neige est donc la bienvenue. Très occupée la semaine de son arrivée par le nettoyage des dégâts du jardin suite à la neige qui a cassé beaucoup d’arbres, et elle qui se tient un peu en retrait et craintive, je ne l’observe pas vraiment de près.

La semaine suivante, un soir, je la vermifuge…,

Elle est dans mes bras, je trouve qu’elle est quand même charpentée différemment des poules Brahma que j’ai eues, et son bec est plus gros aussi…..oula……..vieux doute…….je regarde de plus près et de magnifiques lancettes blanches sont gentiment posées sur son arrière train, blanc lui aussi. Neige est un nom masculin !!!!!

Nom d’une pipe en bois !!!! Nom de zou de nom de zou !!!!!! J’appelle illico la personne qui me l’a troquée…j’en profite pour demander des nouvelles de Pollen. Gros coco va bien.
Je décris la situation…..bon ok on échange et je viens la semaine prochaine, le 17 Novembre, le plus tôt sera le mieux pour Neige comme pour moi je pense.

Seulement voilà….les événements sociaux m’interdisent de prendre la voiture pour faire 300km aller/retour. Bon on repousse et on cale le 1er Décembre. On verra d’ici là !!!

Pendant ce temps, Neige vit sa vie de jeune coq, tranquillement, j’avoue qu’il n’est pas agressif, je culpabilise mais là tout de suite j’ai peur donc on verra une autre fois. De plus il est bien plus jeune que Pollen et n’a peut-être pas encore atteint l’âge de l’affirmation de soi….Je ne prendrai pas le risque maintenant.

Le 1er Décembre arrive et sans trop de difficultés je rejoins ma destination, avec Neige “tranquillou” dans sa cage.

Dans les bras de l’éleveur, il se laisse admirer, et un tonitruant “ah ben oui c’est un coco !!!” vient confirmer ce que je sais déjà…(ben oui, hé hé, je sais bien que vous m’avez fourgué un coq….pffff) mais je ne dis rien préférant rester en bon termes…

  • Bon alors on va chercher une poule ?
    – Oui…. même 2, je vais vous en prendre une en plus, ca sera mieux pour elles.
    – J’ai plus de Brahmas, plus rien !!! Dévalisé !!! Mais là j’ai des petites jeunes sympas et bien belles !

En passant devant un enclos, il y dépose Neige/coco qui, comme s’il n’était jamais parti de là, fonce directement vers les gamelles et piaille avec ses collègues, retrouvailles sans problème. Bon, un traumatisé en moins, ca m’aide bien pour gérer ma culpabilité.

Je le suis et trouve des jeunes poulettes splendides. Je craque sur une Sussex pure race, qui se laisse faire sans trop de soucis, et une Coucou de Rennes (race dont Philomène était un croisement). Je prends la coucou dans mes bras, elle roucoule ! Je la grattouille en l’amenant dans la cage, elle est aux anges ! Bon ben une poulette affectueuse, changez rien ! Sa copine a l’air du même acabit,  je suis ravie !!!!
Quand elles sont casées dans la voiture je demande si je peux me balader et voir Pollen qui est dans un pré annexe, pas de soucis il est au fond.
Je l’aperçois de loin, mon macho à plumes, qui roule des mécaniques devant des “ptites poulettes” et sous le regard plutôt indifférent de ses congénères. Il y a tellement de place que les coqs sont peu agressifs entre eux. Etant attendue je ne traîne pas plus, je reprendrai contact au printemps pour une petite Brahma dont j’ai trop envie, je sais qu’il en aura, et hop je quitte ce lieu, direction ma famille qui vit par là.

En route, je leur cherche un nom, tout fuse, mais vraiment tout, et la personne qui m’accompagne propose “gilet” et “jaune”, ….ben voyons…..!!!! “”Ben vu que la dernière fois la route était pleine de neige et que tu l’as appelée Neige…….”””
Délire et bon fou rire dans la voiture pendant un moment.

Dimanche matin, je les intègre doucement au groupe, ça se passe bien.

Elles sont dans le poulailler. Mais le soir je retrouve la petite Sussex mais pas la grise.
Non !!!!! Ça va pas  recommencer !!!! Pendant plus d’une heure je repars avec ma lampe de poche faire le tour de chaque bosquet, touffe d’herbe, arbre. Rien…..Il ne me reste plus qu’à espérer que tout aille au mieux pour elle, demain elle rejoindra peut-être le groupe, je n’ai pas le choix, mais je suis dégouttée.

Lundi matin, à l’ouverture de mon volet de chambre je jette un œil et que vois-je ? Mon emplumée fugueuse à côté de ma voiture dans le pré extérieur, en train d’essayer de revenir. Oulala !!! Ni une ni deux, je fonce attraper la bestiole qui dans mes bras roucoule encore, ah mais j’y crois pas !!!  Ça vient du plumage ou quoi ? Tu vas pas me la jouer Philo !!!! (J’ai bien peur que si…).

Je lui ai trouvé un nom, ce sera “Escampette“.

Quant à la petite Sussex vu que cette fois c’est vraiment une cocotte, ça sera “Minute“. Oui, je sais…………. 😁

 

arrivée de Minute et Escampette.

 

Au revoir Philo…..

Au revoir Philo…..

Depuis dimanche, Philomène se mettait en retrait des autres, elle voulait être tranquille…
Je l’ai auscultée comme j’ai pu, pas de blessures, pas de parasites apparents. Pas de problèmes de jabot, juste une espèce de fort mécontentement quand je la manipulais, (peut-être des douleurs ?) alors qu’habituellement elle ne disait rien même si ce n’était pas, soyons francs, sa “tasse de thé” en dehors des “grattouilles sous le bec” qu’elle aimait.
Je lui ai donné un peu d’huile de foie de morue et des vitamines.
Elle n’avait qu’ne seule envie, s’envoler et retourner tranquillement dans son coin préféré du jardin. Dimanche soir elle était dans le poulailler. Hier matin elle a suivi le troupeau de ses copines pour aller dans leur coin “à elles” qu’elles affectionnent.  Je l’y ai vue.

Hier soir, en descendant vérifier comme chaque soir si tout allait bien, pas de Philomène dans le poulailler !!!!
Lampe de poche en main, je suis partie à sa recherche en faisant tous les recoins du jardin sous la pluie verglaçante, ce qui a rendu les choses plutôt sportives.
J’ai aussi fait le tour de la maison….rien trouvé.
Je n’ai pu que rentrer en espérant qu’elle aurait trouvé un coin pour se mettre en sécurité, ça leur arrive “”aux poules”” de vouloir passer inaperçues et de bien réussir leur coup. Elle-même était une grande spécialiste en la matière. … donc un petit espoir….

Ce matin :
Je suis descendue à sa recherche et déjà vérifier si elle avait rejoint les autres, car comme je l’ai dit, elle m’avait fait ce coup-là une ou deux fois. Mais au fond de moi, là je n’y croyais pas vraiment. Alors : chercher en ayant peur de ce qu’on peut trouver….avec appréhension regarder partout….

Rien, aucune trace, mais rien de rien, pas de plumes, rien. Philomène a simplement disparu !!!
Ma seule explication reste qu’un prédateur a du profiter de sa faiblesse du moment, et qu’elle ne s’est pas débattue.
Pourtant aucun signe de panique chez les autres.

Ou alors elle a fugué une dernière fois, qui lui aura été fatale…..? Elle n’a jamais suivi les “”règles”” Philo…
Toutes les explications sont possibles. Une seule certitude, Philomène n’est plus là et n’y sera plus.
J’espère que tout aura été rapide pour elle. Vu le manque de traces je pense que oui.
C’est ainsi, c’est la vie. C’est déjà arrivé, ça arrivera encore malheureusement et ça arrive à d’autres régulièrement.

Contre ça non plus on ne peut rien…

Au revoir ma Philo, ma rebelle à plumes, toutes ces années, tu m’as bien fait enrager et bien fait rire aussi avec ton indépendance tenace. 
Si le paradis des cocottes existe : reste comme tu étais ici, mais essaie quand même de ne pas trop fuguer…. ♥

Une seule patte dans la neige c'est suffisant
Philomène 2017.

 

Du changement dans le petit poulailler

Du changement dans le petit poulailler

Le petit poulailler habituellement assez serein a vu quelques bouleversements ces dernières semaines.

Pollen, magnifique coq en devenir a affirmé avec force son rôle de chef. Ses cocoricos ont accompagné son changement de posture. Pollen est devenu un super protecteur, tellement occupé à son rôle qu’il est devenu dominateur.
En quelques semaines j’ai vu les anciennes devenir craintives, s’alimenter quand il était hors de vue, Léontine épuisée par ses courses poursuite et du fait de sa pathologie du jabot, devenir prostrée et vraiment en très mauvais état, dès qu’elle était sous sa vue il la sollicitait, courir avec son jabot lui demandait trop d’efforts.
Un soir, Pollen lui a interdit l’accès au poulailler au moment du coucher (tu ne veux pas de moi..je ne veux pas de toi non plus…???). Elle traînait dehors alors que la nuit arrivait. Les autres semblaient couchées. Je l’ai donc prise pour la porter au poulailler. Il m’a regardée mais n’a rien dit. Il trônait sur son perchoir, accompagné de Nuage habituée depuis la naissance à sa présence, mais toutes les autres étaient tassées aux extrémités.
Première vraie interpellation pour moi face à son comportement.
Dentelle était restée sur le bord extérieur de la fenêtre, ne souhaitant plus rentrer au poulailler pour dormir. Je l’ai donc prise aussi pour  la mettre en sécurité à l’intérieur. Mais Dentelle n’aime pas être manipulée, alors elle a un peu ronchonné. Et là………….j’ai vu un œil se tourner vers moi avec un regard assez étrange, et tout à coup, Pollen est descendu du perchoir et m’a foncé dessus.

Une attaque en bonne et due forme. Dans ces cas là on se défend comme on peut, et même si ce n’est pas la meilleure solution, les coups de pieds pour mettre l’agresseur à distance sont les bienvenus. Quand j’arrêtais, il revenait à la charge…
J’ai gagné sur ce coup-là mais impossible de retourner dans le poulailler sans subir les assauts du protecteur.
Ca se profilait un peu depuis quelques temps où il venait parfois par derrière me piquer les chevilles, mais c’était gérable. Il était dans le test hiérarchique,et depuis ce jour, dans sa tête, n’étant pas une poule j’étais sans doute une (ou un) concurrent.

J’ai toujours été claire avec ça, pas de coq agressif chez moi. Donc ça devait passer ou bien des décisions devraient être prises.
Pollen ne semblait pas agressif mais ultra protecteur et dominant. Trop sans doute. Tout le monde était perturbé. Les Brahmas sont souvent des coqs tranquilles. Tous ceux que j’ai eus l’étaient, mais je ne les avais pas eus poussins. Visiblement Pollen avait du mal à trouver sa place…
Tout petit poussin, devenu grand, il lui semblait naturel de monter en haut des échelons hiérarchiques sans aucune exception, donc moi incluse.

J’ai contacté une “amie poulesque” qui m’a bien conseillée sur des solutions possibles. Entre autre le rassurer en le câlinant, et utiliser les fleurs de Bach qui peuvent marcher aussi.

J’ai tenté les deux. Le spray ne le rassurait pas, et anéantissait de fait l’idée des caresses. Etre dans mes bras n’était pas forcément un plaisir. Et devoir le maîtriser pour pouvoir ensuite le tranquilliser était une galère pour nous deux. J’avais le sentiment de mettre une claque à un gamin en lui ordonnant de venir me faire un bisou…. Ca aurait pu marcher mais ni lui ni moi n’y trouvions notre compte. Chacune de mes entrées au poulailler, dans SON domaine, était sujette à attaque.

Beaucoup de pensées, de réflexions, de culpabilité, de tristesse, de sensation d’échec. Le stress des poules est venu m’aider dans ma prise de décision. Pollen devait partir.

Par contre pas n’importe où. Il fallait lui trouver un endroit où il soit heureux, libre, et en capacité de vivre sa vie de coq n’ayant connu que le respect de sa nature profonde. Un lieu aussi, bien évidemment,  où il ne soit pas au menu d’un dimanche de fête….
Pas simple quand même. L’avantage de connaitre des passionnés est de pouvoir avoir des adresses d’intéressés, faire des échanges, placer des animaux.

J’ai donc contacté la personne qui m’avait procuré Nougatine et Eulalie, et je n’ai eu aucun mal à la persuader d’accueillir Pollen. Rendez-vous était pris pour ce lundi. Je ramènerais une poulette en contrepartie…

Ayant une date de départ, j’ai isolé le coq dans un enclos et la nuit il rentrait dans un espace sécurisé. Cette période de quelques jours a permis à tout le monde de s’apaiser un peu. Léontine s’est refait à nouveau une santé, la hiérarchie “d’avant” a repris son cours. La tranquillité est revenue, et moi je pouvais faire mes soins sans avoir une angoisse d’agression à gérer.
Entre temps j’ai pu récupérer une poulette Marans “bleu cuivré” chez une connaissance qui allège son élevage pour des raisons personnelles. Un  passionné de cette autre race, celle qui pond des œufs couleur chocolat dont la coquille peut frôler le marron/noir dans certains cas.  On les croise plutôt avec plumage noir cuivré mais le bleu cuivré est une autre déclinaison  officielle, plutôt jolie d’ailleurs. Leurs pattes sont légèrement emplumées et elles sont assez rustiques.
Je n’aime pas les intégrations d’une seule poule mais je savais qu’une autre arriverait juste quelques jours après elle. Et puis, j’en voulais une depuis longtemps, alors cette “occasion a fait le larron”. Sidonie est donc arrivée la semaine dernière. Son caractère et le moment troublé où elle est arrivée ont fait que son intégration s’est faite sans problème. Elle a su s’imposer sans force mais avec culot. Comme quoi…..

Sidonie Marans Bleu cuivré

Dimanche soir j’ai mis Pollen dans sa cage de transport pour l’emmener lundi matin. Je passerai les détails sur mon moral….oui j’ai même versé quelques larmes sur le départ de mon pépère Pollenou.
Mais bon….ainsi va la vie et je l’emmenai dans un lieu où il serait mieux en phase avec lui-même.  Et puis ma doctrine est qu’on a assez de gros soucis contre lesquels on ne peut rien, alors autant éviter de s’en créer soi-même.

Lundi, hop, en route avec mon gros pépère. On part sous la pluie. Mon moral est un peu assorti.

L’après midi je suis chez le “monsieur des Brahmas”. Pollen est sorti par lui et posé sur une cage, très beau, sans doute un peu ensuqué par cette journée inhabituelle, méconnaissable, se laissant caresser, toucher les barbillons en se faisant appeler “mon gros Coco” par le monsieur….  J’ai amené Mister coq et là on a Docteur Pollen .
D’un coup je doute, je regrette… si je pouvais le ramener…c’est un coq comme ça que je veux !!! Un gros Coco gentil, à qui on prend les barbillons sans se faire attaquer. Mais non, à la maison il y a juste le gros, mais pas le Coco….alors je me souviens des attaques de Pollen et je me dis que là, au vu du nombre de poulettes toutes fraîches qui se baladent, il pourra jouer du cocorico en trouvant des admiratrices.
Bien sûr il y a d’autres “gros Cocos” qui se promènent  aussi mais c’est tellement grand qu’il devrait arriver à s’intégrer sans trop de soucis, les autres cohabitent bien semble t’il.

Je laisse quelques consignes dont je me doute bien qu’une fois le dos tourné tout est toujours possible mais je veux parier sur la confiance, et l’homme a l’air amoureux de ses volailles….je compte sur l’amour.
Pendant que Pollen/gros Coco trône sur une cage sans broncher, docile……   on part à la recherche de la poulette qui viendra vivre à la maison. Beaucoup de jeunes Brahmas perdrix maillé doré,  mais j’ai en tête autre chose. Je voudrais une poule différente en couleur de celles que j’ai à la maison.
Une Brahma bien sûr, mais la seule qui me plait est trop vieille et il veut la garder, fauve herminé noir, à mon avis pour une production de fauves herminés ce sera super. Pollen va sans doute la croiser de près…  Justement parce qu’elle était sa version féminine, elle me plaisait bien. Pas de perdrix maillé argenté non plus ce qui m’aurait bien tentée.

Bon je fais quoi ? Il tombe des cordes et en plus j’ai le blues. “Venez voir, là j’en ai “ben” une qui est différente comme vous voulez” . Et là, au milieu d’un hangar, avec un coq fauve et à côté d’un coq blanc herminé noir magnifique, il y a une poulette issue de croisements blanc herminé  et fauve ou splash, je ne sais pas trop. Ils ont du s’y mettre à plusieurs coqs pour la faire !!!

Grande comme les blanc herminés savent l’être, une ado un peu dégingandée, un bec et une tête de Brahma, des pattes de Brahma, des doigts de Brahma mais un plumage à la couleur non identifiée qui la rend belle par son originalité. Elle sera hors concours. Ca tombe bien je n’en fais pas et ne fais pas de reproduction non plus. Allez ca sera elle !

ma nouvelle poulette 01 11 18

La poulette remplace Pollen dans la cage de transport,  je profite de son calme pour caresser mon coq une dernière fois en m’autorisant à demander des nouvelles dans quelques temps… et je repars.

Le retour à la maison se fait d’une façon assez sportive, il tombe des tonnes de neige.  Je l’attendais mais pas à ce stade. Je réussis à passer malgré tout et j’arrive à la maison où je dépose mon paquet dans le poulailler. Le lendemain j’ouvre à la belle, mais la neige étant très haute toutes les habitantes du petit poulailler ont décidé de rester au chaud sur les perchoirs, donc confrontation inévitable ! Après un accueil explicite par les anciennes concernant sa place dans le groupe, ma jeune poulette explore son nouvel environnement avec une Jacquotte qui est une des rares à sortir quand il neige.

Le soir elle rentre se coucher avec les autres.
Elle fait désormais partie de la maison et  s’appelle…..Neige !

Neige et Sidonie 30/10/18

 

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